La Messe: …………………Credo: Seconde partie. - Hozana

La Messe: …………………Credo: Seconde partie.

La Messe: …………………Credo: Seconde partie.

      Jésus rencontre sa mère. Quatrième station du chemin de croix de la colline des Espélugues surplombant la grotte de Massabielle à Lourdes,

       Quatrième publication de l’EXPLICATION DE LA MESSE d’après les notes prises lors des différents explications données par Dom Guéranger à ses moines : Elle concerne la fin du Credo, développe un peu cette notion du ‘’Filioque’’ et rappelle des points de doctrine  concernant le baptême et la résurrection des morts.

      Cette publication également très longue, jointe à la précédente donne une occasion de rafraîchir ou de parfaire nos connaissances de la doctrine catholique qui nous unit tous.  Prenons un peu de temps pour en prendre connaissance, Il se peut qu’il y ait certaines différences avec le commentaire de St Thomas d’Aquin que je ne connais pas.

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             Le prêtre, au centre de l’autel, après la génuflexion que les fidèles font avec lui, poursuit à voix haute la récitation du Credo avec la phrase ci-dessous  que Don Guéranger commente ainsi:

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            Crucifixus etiam pro nobis, sub Pontio Pilato passus et sepultus est. (Il fut crucifié pour nous sous Ponce Pilate : Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau)

            Crucifixus. Le Symbole des Apôtres s’est également servi de cette expression ; les Apôtres ont tenu à dire que Notre Seigneur a été crucifié, ne disant pas simplement qu’il est mort, parce qu’il était important de signaler à tous la victoire de la Croix sur Satan. Comme nous avions été perdus par le bois, Dieu a voulu que notre salut fût aussi opéré par le bois, ainsi que nous le chantons : ipse lignum tunc notavit, damna ligni ut solveret. Oui, il fallait que l’artifice de notre ennemi fût trompé par son artifice même : et medelam ferret inde, hostis unde laeserat, et que le remède fût puisé là où l’ennemi avait puisé le poison. (La préface ''de la sainte croix '' précise : que celui qui avait triomphé par le bois, par le bois fut vaincu)  C’est ce qui fait que les Apôtres ont tant tenu à préciser le supplice du Seigneur ; et en annonçant la foi chez les païens, ils leur parlaient immédiatement de la Croix. Saint Paul écrivant aux Corinthiens, leur dit que, lorsqu’il est venu vers eux, il n’a pas jugé qu’il dût leur dire autre chose que Jésus et Jésus crucifié : Non enim judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum et hunc crucifixum (1 Co 2, 2). Déjà il leur avait dit : Et nous prêchons le Christ crucifié : scandale, il est vrai, pour les juifs et folie pour les Gentils : Judaeis quidem scandalumGentibus autem stultiliam(1 Co 1, 23).

            Jésus-Christ a été crucifié, et le Symbole ajoute : pro nobis. (Pour nous) De même que nous disons propter nos homines descendit de coelis, (Pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux)  il était juste que la sainte Église nous fit remarquer que si le Seigneur a été crucifié, il l’a été pour nous. Crucifixus etiam pro nobis, sub Pontio Pilato passus. (Il fut crucifié pour nous sous Ponce Pilate) Le nom du gouverneur romain se trouve ici mentionné par les Apôtres, parce qu’il donne une date.

            Et sepultus est. (Il fut mis au tombeau) Le Christ a souffert, c’est vrai ; ce qui encore est vrai, il a été enseveli, et il le fallait ; car, s’il n’eût pas été enseveli, comment se fût accomplie en lui cette prophétie, par laquelle il était dit qu’il devait sortir du tombeau le troisième jour ? Cela prouvait encore que sa mort était bien réelle, bien complète et non fictive, puisqu’on était allé jusqu’à l’ensevelissement et à la sépulture, comme on le pratique pour les autres hommes.

 

            Et resurrexit tertia die secundum Scripturas. Le troisième jour il est ressuscité, selon que l’annonçaient les prophéties, et particulièrement celle du prophète Jonas. Notre Seigneur dit lui-même : Cette génération mauvaise demande un signe, mais il ne lui en sera point donné, si ce n’est celui du prophète Jonasnisi signum Jonae prophetae. (Mt 12, 39 ; Lc 11, 29). Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, de même le Fils de l’homme demeurera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

            Et ascendit in coelum. Il est monté au ciel. Le Verbe de Dieu, venant sur la terre se faire homme, n’avait pas quitté pour cela le sein de son Père. Ici, il est dit qu’il est monté au ciel, en ce sens que son humanité y est en effet montée, et qu’elle y a été l’objet d’une intronisation pour l’éternité.

            Sedet ad dexteram Patris. Il est assis à la droite du Père comme un Maître, comme un Seigneur. Sans doute, il y a toujours été selon la nature divine, mais il devait y être aussi selon la nature humaine, et c’est ce qu’expriment ces paroles. De fait, cela devait être, parce que la nature humaine étant unie à la nature divine dans une même personne, qui est celle du Fils de Dieu, on peut dire d’elle en toute vérité :

            Le Seigneur est assis à la droite du Père. David l’avait annoncé lorsqu’il disait : Dixit Dominus Domino meo : Sede a dextris meis(Ps 109, I). Cela nous prouve l’intime union qui existe, en la personne de Notre Seigneur, entre la nature divine et la nature humaine. Aussi le Psaume 111 est-il vraiment le Psaume de l’Ascension, parce que c’est alors le moment où le Seigneur Père dit au Seigneur Fils : Assieds-toi à ma droite : Sede a dextris meis.

            Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos. (De nouveau il viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts)  Ainsi à propos de Notre Seigneur, il est parlé de deux avènements : dans le premier il naît sans gloire, et comme nous dit saint Paul, il s’est anéanti prenant la forme de l’esclave : semetipsum exinanivit formam servi accipiens (Ph 2, 7) ; tandis que dans le second il doit venir avec gloire, venturus est cum gloria. Et pourquoi vient-il ? Ce n’est plus pour sauver, comme la première fois, mais pour juger :

            judicare vivos et mortuos. (Il viendra juger les vivants et les morts) Non-seulement il viendra juger ceux qui seront encore sur la terre au moment de ce second avènement, mais encore tous ceux qui sont morts depuis le commencement du monde, parce que tous absolument doivent être jugés.

            Cujus regni non erit finis. Et son règne sera sans fin. Il est question ici du règne de Jésus Christ dans son humanité, car dans sa divinité il n’a jamais cessé de régner. Ce règne sera non-seulement glorieux, mais il n’aura jamais de fin.

            La seconde partie du Credo se termine ici ; elle est la plus considérable. Il était juste que dans cette confession publique de notre foi, il fût parlé plus longuement de Jésus-Christ, parce que personnellement il a plus fait pour nous, quoiqu’il n’ait rien fait sans l’accord et le concours des deux autres Personnes. Aussi l’appelons-nous Notre Seigneur. Sans doute, ce titre de Seigneur convient au Père qui nous a créés ; mais il convient doublement au Fils qui, outre qu’il nous a créés, puisque Dieu a fait toutes choses par son Verbe, nous a de plus rachetés. Nous lui appartenons donc à un double titre.

            Et in Spiritum Sanctum Dominum et vivifacantem. (Je crois en l’Esprit-Saint qui est Seigneur et qui donne la vie) Je crois également dans le Saint-Esprit, c’est-à-dire que par la foi, je vais vers le Saint Esprit, j’adhère au Saint-Esprit. Et le Saint Esprit, qu’est-il ? Dominum. II est Seigneur, il est maître comme les deux autres Personnes. Mais qu’est-il encore ? vivificantem, il donne la vie. De même que notre âme donne la vie à notre corps, de même le Saint-Esprit donne la vie à notre âme. C’est le Saint-Esprit qui l’anime par la grâce sanctifiante qu’il répand en elle, et ainsi il la soutient, la fait agir, la vivifie et la fait croître en amour. De même aussi dans l’Église, c’est le Saint-Esprit qui soutient tout, c’est lui qui fait que tous ses membres, si divers de nation, de langage et de mœurs, vivent tous cependant de la même vie, appartenant au même corps dont Jésus-Christ est le chef. En effet, tous ont la même foi, puisent les mêmes grâces dans les mêmes sacrements, et les mêmes espérances les animent et les attendent ; en un mot, l’Esprit Saint les soutient tous.

            Qui ex ; Patre Filioque procedit, lequel Esprit Saint procède du Père et du Fils. Comment se figurer que le Père et le Fils ne soient pas unis ? Ils avaient besoin d’un lien qui les réunisse l’un à l’autre. Le Père et le Fils ne sont pas seulement juxtaposés, mais un lien les unit, les enserre, et ce lien procède de l’un et de l’autre, ne formant qu’un avec eux ; et cet amour mutuel n’est autre que le Saint-Esprit.

            Au concile de Nicée, on s’était occupé de rédiger l’article du Symbole traitant de Jésus Christ ; au concile de Constantinople, on résolut de compléter le Symbole de Nicée, en ajoutant ce qui regarde le Saint-Esprit, hors toutefois le Filioque ; on aurait dit simplement :

            Qui ex Patre procedit. (Qui procède du Père) Les Pères de ce concile ne croyaient pas nécessaire d’en dire davantage parce que les paroles de Notre Seigneur dans l’Évangile ne peuvent laisser aucun doute. Notre Seigneur avait dit : Je vous enverrai l’Esprit qui procède du Père Ego mittam vobis a Patre Spiritum  veritatis qui a Patre procedit (Jn 15, 26) : il est donc aussi principe du Saint-Esprit puisqu’il l’envoie. Le Père envoie le Fils, et il est clair pour tous que le Fils émane du Père, qu’il est engendré par lui ; Notre Seigneur disant ici : Je vous enverrai l’Esprit, nous prouve qu’il est lui-même source du Saint Esprit, comme le Père. Et si Notre Seigneur ajoute ces paroles : Qui a Patre procedit, ce n’est pas pour nous dire que le Saint-Esprit procède seulement du Père ; c’est au contraire, pour s’expliquer davantage, et pour nous montrer qu’il ne l’envoie pas tout seul, mais que le Père l’envoie avec lui.

            Les Grecs n’ont pas voulu admettre cette vérité et ont soulevé une querelle sur ce passage, afin de renverser la Trinité. Mais on comprend que la Trinité soit liée dans ses trois Personnes de cette manière admirable, c’est à dire, que la première Personne engendre la seconde ; la première et la seconde sont unies entre elles par la troisième. Si l’on ne voulait pas adopter la croyance de ce lien produit par le Père et le Fils et qui les réunit, on isolerait complétement le Saint-Esprit du Fils, on détruirait la Trinité.

            Ce fut en Espagne qu’on introduisit d’abord le Filioque dans le Symbole  pour expliquer davantage ce qu’avaient dit les Pères de Constantinople ; on était alors au 8e siècle. L’Église Romaine ne l’adopta qu’au 12e siècle. Elle savait que cela provoquerait des difficultés ; mais voyant cette mesure devenue nécessaire, elle s’y décida, et depuis lors cette addition au Symbole est obligatoire pour toute l’Église.

            Qui cum Patre et Filio simul adoraturet conglorificatur. (Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire) Le Saint-Esprit, doit être adoré, donc il est vraiment Dieu. Aussi pour être dans la vraie foi, il ne suffit pas de rendre honneur au Saint Esprit, il faut l’adorer comme Dieu, de même que nous adorons le Père et le Fils, simul adoratur : il est adoré comme les deux autres Personnes divines, et en même temps qu’elles, simul. A cet endroit, la sainte Église veut que nous inclinions la tête, afin de rendre hommage au Saint-Esprit, dont nous reconnaissons en ce moment la divinité. Et conglorifacatur, il est conglorifié, c’est-à-dire qu’il reçoit gloire avec le Père et le Fils ; il est compris dans la même doxologie, c’est-à-dire la même glorification, doxologie signifiant rendre gloire.

            Qui locutus est per prophetas ; voici un autre dogme. Le Saint-Esprit a parlé par les Prophètes, et la sainte Église le déclare. Elle a tenu à formuler cet article pour confondre les Marcionites qui voulaient faire admettre le principe d’un Dieu bon et d’un Dieu mauvais ; d’après eux, le Dieu des juifs n’était pas bon. L’Église déclarant ici que le Saint-Esprit a parlé par les Prophètes, depuis les livres de Moïse jusqu’à ceux qui se rapprochent du temps de Notre Seigneur, proclame que l’action du divin Esprit s’étend sur la terre depuis le commencement.

            Au jour de la Pentecôte, il est descendu sur les Apôtres, et il est venu ,sur la terre pour y rester : sa mission étant toute différente de celle de Notre Seigneur. Le Verbe fait chair est venu sur la terre, mais au bout d’un certain temps il est remonté au ciel. Le Saint-Esprit au contraire est venu pour rester, et Notre Seigneur l’annonçant à ses Apôtres, leur dit que telle est sa mission, lorsqu’il leur adresse ces paroles :

            Et Paraclitum dabit vobis, ut maneat vobiscum in aeternum (Jn 14, 16). (Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous) : Et ailleurs, il leur dit comment cet Esprit leur enseignera toutes choses, en leur suggérant tout ce que lui-même leur aura appris : Et suggeret vobis omnia quaecumque dixero vobis.(Jn 14, 26)

            L’église, en effet, a besoin d’être enseignée, d’être guidée, conduite et soutenue. A qui appartient-il de le faire ? Qui est-ce qui le fait ? C’est le Saint-Esprit qui doit l’assister jusqu’à la fin des siècles, selon la parole de Notre Seigneur. Ainsi le Fils a été envoyé par le Père, puis il est remonté au ciel : et le Père et le Fils ont envoyé le Saint-Esprit pour demeurer avec l’Église jusqu’à la fin. Notre Seigneur dit : « Mon Père vous enverra l’Esprit,  » et encore : « Je vous enverrai l’Esprit,  » afin de marquer par là les relations qui existent entre les divines Personnes qui ne peuvent souffrir d’isolement l’une de l’autre, ainsi que l’auraient voulu les hérétiques.

            La sainte Église nous a donc développé le dogme de la Trinité. D’abord, c’est le Père tout-puissant, créateur de toutes choses ; ensuite le Fils, descendant du ciel, se faisant homme et mourant pour nous ; puis ressuscitant vainqueur de la mort et triomphant dans son Ascension ; enfin, vient le Saint-Esprit, Seigneur comme le Père et le Fils, donnant la vie, qui a parlé par les prophètes, et qui est Dieu comme le Père et le Fils.

            Voici maintenant un autre sujet : Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. (Je crois à l’Eglise, une sainte catholique et apostolique) Remarquons : Nous ne disons pas : Credo in unam Ecclesiam. Pourquoi ? Parce que la foi qui a Dieu pour objet immédiat est un mouvement de notre âme vers Dieu ; elle s’élance et se repose en lui ; alors nous croyons en Dieu, Credo in Deum. Mais pour les choses créées et intermédiaires qui concernent Dieu, qui servent à nous conduire à lui et qui ne sont pas lui, nous les croyons simplement, par exemple la sainte Église que Jésus-Christ a fondée, au sein de laquelle SEULE se trouve le salut, Credo Ecclesiam. Dans ce Symbole, cet article est plus développé encore que dans le Symbole des Apôtres, qui nous fait dire simplement : Credo sanctam Ecclesiam catholicam.

            Nous disons donc d’abord que l’Église est Une : Credo unam Ecclesiam. Dans le Cantique nous entendons l’Époux l’appeler lui-même mon unique : una est columba mea. – De plus elle est sainte : Credo sanctam Ecclesiam ; encore une fois nous entendons l’Époux le dire au Cantique : Amica mea, columba mea, formosa mea, . . . et macula non est in te (Cant. II, 10). Saint Paul écrivant aux Éphésiens dit aussi qu’elle est sans tache ni ride : non habentem maculam aut rugam (Éphés. V, 27) ; elle est donc sainte l’Église de Jésus-Christ, il n’y a de saints qu’avec elle, et il y a toujours des saints en elle. De plus, étant sainte, elle ne peut enseigner que la vérité. – L’Église est catholique : Credo Ecclesiam catholicam ; c’est à dire qu’elle est universelle, pour être répandue par toute la terre ; et aussi que son existence se prolongera jusqu’à la fin des temps ; la qualité de catholique qui lui est donnée comprend tout cela. – Enfin, elle est apostolique : Credo Ecclesiam apostolicam. Oui, elle remonte jusqu’au commencement, c’est-à-dire elle vient de Notre Seigneur ; elle ne s’est pas élevée tout d’un coup au milieu des temps, comme l’a fait le Protestantisme au 16e siècle ; elle ne serait pas de Notre Seigneur. Pour être la vraie Église, elle doit être apostolique, c’est-à-dire qu’il faut une hiérarchie qui remonte jusqu’aux Apôtres, et par les Apôtres à Notre Seigneur lui-même.

            Ainsi, nous croyons l’Église, et Dieu veut que nous la croyions une, sainte, catholique et apostolique : Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Escclesiam ; nous la croyons, fondée qu’elle est sur ces quatre caractères essentiels, qui sont la notion et la preuve de son institution divine.

            Confiteor- unum baptisma in remissionem peccatorum : Je confesse un baptême pour la rémission des péchés. Le mot Confiteor signifie ici je reconnais. Mais pourquoi l’Église nous fait elle confesser si expressément un seul baptême :

            Confiteor unum baptisma ? Parce qu’elle a tenu à nous faire proclamer qu’il n’y a qu’un seul mode de naissance spirituelle, et selon la parole de l’Apôtre aux Éphésiens, qu’un seul baptême, comme un seul Dieu et une seule foi : Unus Dominus, una fides, unum baptisma. (Ép , 5)

            Le baptême nous fait enfants de Dieu, en même temps qu’il nous donne la grâce sanctifiante, par laquelle le Saint-Esprit vient habiter en nous. Et lorsque, par le péché mortel, l’homme a le malheur de perdre cette grâce, l’absolution qui le réconcilie avec Dieu, lui rend cette grâce du baptême, cette sanctification primordiale et non une autre, tant est forte cette grâce première. Le baptême prend toute sa force dans l’eau qui est sortie du côté de Notre Seigneur, et qui a été ainsi pour nous le principe de vie ; aussi Notre Seigneur nous a-t-il véritablement produits, et c’est là le seul et unique baptême que nous devons confesser et reconnaître.

            Et exspecto resurrectionem mortuorum : J’attends la résurrection des morts. L’Église ne nous fait pas seulement dire : je crois la résurrection des morts, mais j’attends. Nous devons, en effet, être impatients de voir arriver le moment de la résurrection, car l’union du corps avec l’âme est nécessaire à la perfection de la béatitude. Les païens avaient beaucoup de peine à accepter cette vérité, parce que la mort semble être une condition de notre nature ; notre nature en effet se composant de l’âme et du corps, dès lors que ces éléments peuvent être séparés, la mort conserve quelque empire sur nous. Mais pour nous, Chrétiens, la résurrection des morts est un dogme fondamental. Notre Seigneur lui-même, ressuscitant le troisième jour après sa mort, le confirme d’une manière éclatante, car, dit saint Paul, il est le premier sorti d’entre les morts : primogenitus ex mortuis ; comme nous devons tous le suivre, nous devons tous ressusciter.

            Et vitam venturi saeculi. J’attends aussi la vie du siècle à venir, qui ne connaît pas la mort. Sur la terre nous vivons de la vie de la grâce, nous appuyant sur la foi, l’espérance et la charité ; mais nous ne voyons pas Dieu. Dans la gloire, au contraire, nous en jouirons pleinement, nous le verrons face à face, comme nous dit saint Paul : Videmus nunc per speculum in aenigmate, tunc autem facie ad faciem (1 Co 13, 12). De plus, pendant notre pèlerinage terrestre, nous sommes exposés à perdre la grâce ; tandis que dans le ciel il n’existe plus aucune crainte de ce genre, et l’on est mis en possession de quelque chose qui remplit tous les désirs de l’homme : on possède Dieu lui-même qui est la fin de l’homme. C’est donc avec raison que la sainte Église nous fait répéter : Et exspectovitam venturi saeculi.

            Telle est la magnifique confession de foi, que l’Église met clans la bouche de ses enfants. Il existe une autre formule de notre Symbole, qui fut composée par Pie IV, après le concile de Trente. Celle que nous venons de voir s’y trouve incluse, mais avec beaucoup d’autres articles dirigés contre les Protestants, auxquels on la fait lire, lorsqu’ils font abjuration ; ils ne pourraient obtenir leur absolution, s’ils ne remplissaient pas cette condition. De même, tous les bénéficiers prenant possession du bénéfice qui leur est assigné, doivent prononcer cette formule de la foi ; ainsi un évêque doit le faire en arrivant dans son diocèse. Tous les curés le devrait également en prenant possession de leurs cures ; mais depuis la Révolution cet usage est tombé en désuétude, et ne s’observe plus que dans quelques localités particulières.

 

          '' Mais pour les choses créées et intermédiaires qui concernent Dieu, qui servent à nous conduire à lui et qui ne sont pas lui, nous les croyons simplement, par exemple la sainte Église que Jésus-Christ a fondée, au sein de laquelle seule se trouve le salut, Credo Ecclesiam ''

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

6 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Michel
Michel  il y a 21 jours
En communion de prières dans la Sainte Église.
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 21 jours
En union de prière entre tous les membres de l'Eglise une, sainte , catholique et apostolique
Chantal
Chantal  il y a 21 jours
AMEN!
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 21 jours
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Marie-guy
Marie-guy place Orbigny, il y a 21 jours
En communion de priére Amen 🙏
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 21 jours
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
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