Jn 11, 1 - 4 - Hozana

Jn 11, 1 - 4

  • Prions

« Abba, par le Pouvoir de l’Esprit-Saint, que ta Volonté révélée par Jésus, règne en moi par Marie. Amen. Fiat. »

« Dans votre Divin Vouloir, je T’aime Abba avec tout l’Amour de ton Fils et de l’Esprit-Saint ; je T’aime Jésus avec l’Amour Infini de Abba et de l’Esprit-Saint ; je T’aime Esprit-Saint avec l’Amour Parfait d’Abba et du Fils. Amen. Fiat. »

« Viens, ô Divine Volonté avec tous les Saints Anges et tous les Saints du Ciel, spécialement ma très chère Maman, la Très Sainte Vierge Marie et son époux Saint Joseph, mettre le Sceau de ton Esprit-Saint et infuser en moi ta Divine Lumière pour que je puisse comprendre ces vérités le bien que contiennent ces écrits et ces prières. Amen. Fiat ! »

  • Jn 11, 1 – 4

545.1 La nuit commence déjà à tomber. Le serviteur, remontant les bosquets du fleuve, éperonne son cheval, qui fume de sueur, pour lui faire franchir la dénivellation qui existe à cet endroit entre le fleuve et le chemin du village. Les flancs du pauvre animal palpitent sous la fatigue de celle longue course rapide. La sueur fait luire sa robe noire, et l’écume du mors éclabousse son poitrail de taches blanches. Il halète en cambrant son cou et en secouant sa tête.

Une fois sur le sentier, il a vite fait de rejoindre la maison. Le serviteur saute à terre, attache le cheval à la haie, et appelle.

De derrière la maison se présente la tête de Pierre et, de sa voix un peu rauque, il demande :

« Qui est-ce ? Le Maître est fatigué. Cela fait des heures qu’il n’est pas tranquille. Il fait presque nuit. Revenez demain.

- Je ne rien du Maître, moi. Je suis en bonne santé et je n’ai qu’un mot à lui dire. »

Pierre s’approche :

« Et de la part de qui, si on peut le demander ? Si je ne peux reconnaître à coup sûr, je ne laisse passer personne, et surtout pas quelqu’un qui pue Jérusalem comme toi. »

Rendu plus soupçonneux par la beauté du cheval maure richement harnaché, que par l’homme, il s’est avancé lentement. Mais quand ils sont en face l’un de l’autre, il fait un geste étonné :

« Toi ? Mais n’es-tu pas un serviteur de Lazare ? »

Le serviteur ne sait que répondre. Sa maîtresse lui a demandé de ne parler qu’à Jésus, mais l’apôtre semble bien décidé à ne pas le laisser passer. Le nom de Lazare, il le sait, est puissant auprès des apôtres. Il se décide à préciser :

« Oui, je suis Jonas, serviteur de Lazare. Je dois parler au Maître.

- Lazare va mal ? C’est lui qui t’envoie ?

- Il va mal, oui. Mais ne me fais pas perdre de temps. Je dois repartir au plus tôt. » Et pour convaincre Pierre, il ajoute : « Des membres du Sanhédrin sont venus à Béthanie…

- Des membres du Sanhédrin ! Passe don, passe ! » et il ouvre le portail en disant : « Détache le cheval. Nous allons le faire boire et lui de l’herbe si tu veux.

- J’ai de l’avoine, mais un peu d’herbe serait la bienvenue pour l’eau, il vaut mieux attendre ; tout de suite, ça lui ferait du mal. »

545.2 Ils entrent dans la pièce où se trouvent les couchettes et attachent l’animal dans un coin pour le garder à l’abri de l’air ; le serviteur lui met une couverture qui était attachée à la selle, lui donne de l’avoine et de l’herbe que Pierre a trouvée je ne sais où. Une fois dehors, Pierre conduit Jonas dans la cuisine et lui offre une tasse de lait chaud, qu’il prend dans un petit chaudron qui se trouve près du feu allumé, au lieu de l’eau que le serviteur avait demandée. Pendant que ce dernier boit et se réchauffe auprès du foyer, Pierrre, qui s’abstient héroïquement de poser des question dit :

« Le lait vaut mieux que l’eau que tu voulais. Et puisque nous en avons… Tu as fait tout ce chemin en une étape ?

- En une étape, oui, et je ferai de même au retour.

-Tu seras fatigué. Et le cheval va tenir le coup ?

- Je l’espère. Et puis, au retour, je ne galoperai pas comme à l’aller.

[…]

- Ne me fais pas perdre plus de temps, Simon.

- Tu as raison. »

545.4 Il le conduit à une prote, frappe, et annonce :

« Maître, il y a là un serviteur de Lazare qui veut te parler.

- Entre » dit Jésus.

Pierre ouvre la porte, fait entrer le serviteur, ferme et se retire, méritoirement, près du feu pour mortifier sa curiosité.

Jésus est assis sur le bord de son lit, dans une pièce si exigüe qu’il y a tout juste de la place pour la couche et pour la personne qui l’habite. Ce devait être auparavant un local pour les vivres car on voit encore des crochets aux murs et des planches sur des chevilles. Jésus regarde en souriant le serviteur qui s’est agenouillé, et il le salue :

« Que la paix soit avec toi. »

Puis il ajoute :

« Quelles nouvelles m’apportes-tu ? Relève-toi et parle.

- Mes maîtresses m’envoient te prier de venir tout de suite à Béthanie, car Lazare est très malade et le médecin nous avertit de sa mort prochaine. Marthe et Marie t’en supplient et elles m’ont envoyé te dire : "Viens, car toi seul peux le guérir."

- Conseille-leur de rester tranquilles : ce n’est pas une maladie mortelle, mais c’est la gloire de Dieu pour que sa puissance soit glorifiée en son Fils.

- Mais il est au plus mal, Maître ! Sa chair est gangrenée, et il ne se nourirt plus. J’ai éreinté le cheval pour arriver plus tôt…

- Peu importe. C’est comme je te le dis.

- Mais viendras-tu ?

- Je viendrai. Dis-leur que je viendrai et que je leur demande d’avoir foi, une foi absolue. Tu as compris ? Va. Paix à toi et à celles qui t’envoient. Je te répète : qu’elles aient foi absolue. Va. »

Le serviteur salue et se retire.

  • Méditations

1) Le dialogue entre Pierre et le serviteur Jonas est plus long, je l’ai coupé, mais sur ce début, déjà j’ai été touchée par la nature ô combien humaine et spontanée de Pierre. Les réactions naturelles qu’il a, ses emportements, ses préjugés, son accueil quand il se rend compte qu’il a un serviteur de Lazare en face de lui, … Comme le Seigneur est bon et patient avec nous et comme en Pierre je peux me retrouver dans bien des situations.

2) La première salutation que Jésus a pour Jonas est « Que la paix soit avec toi », bien souvent les dialogues de Jésus commencent par cette salutation chez Maria (du moins de ce que j’ai lu jusque maintenant) – ou termine par cette salutation.

Serait-ce une invitation du Seigneur à nous dire les uns aux autres dès que nous nous rencontrons : « Que la paix soit avec toi »

Je serai curieuse de voir la réaction de mon entourage face à cette salutation dans le Seigneur… Cela me donne envie d’essayer. Et vous ?

3) Le dernière méditation – celle qui est la plus surprenante – la gangrène n’est pas une maladie mortelle !

La phrase de Jésus a de quoi surprendre, révolter, et bousculer si nous ne nous mettons pas à l’écoute de l’Esprit. La maladie de Lazare est là pour rendre Gloire à Dieu...

Je suis profondément touchée par deux mouvements : la gangrène n’est pas mortelle, non, elle nous permet de passer de ce monde à celui de la Paix éternelle. Ce n’est pas elle qui est mortelle, c’est la corruption de celui qui nous perd et nous entraine loin du Seigneur voilà ce qui est mortel pour nous.

Manifester la Gloire du Seigneur. En réalité, lorsque nous avons médité ce passage de l’Évangile de Jn 11 à la retraite du mois de juillet à Koekelberg, j’ai été frappée par le désir profond du Seigneur qui veut habiter nos maladies, qui habiter nos épreuves afin que la Gloire de Dieu soit manifestée sur le monde. Oui, chaque épreuve que nous vivons est un murmure du Seigneur Jésus qui nous dit : « Laisse-Moi habiter les nœuds de ta vie, laisse-Moi toute la place en toi pour Je vive en toi et que la Gloire de mon Père soit manifestée. »

Pour cela, les mots de Jésus sont importants : « Aie une fois absolue et je viendrai. La Gloire de Dieu sera manifestée en toi, en ce que tu vis. »

« Gloire soit à Dieu, le Père Créateur, au Fils Ressuscité des morts et à l’Esprit Consolateur, maintenant et dans tous les siècles. Amen. Fiat. »

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6