Facebook PixelBienheureux Charles de Foucauld - Chapitre 2 - Hozana

Bienheureux Charles de Foucauld - Chapitre 2

A l’époque où Charles de Foucauld décide d’explorer le Maroc, le pays est fermé aux européens. Pour mener à bien son projet, il doit voyager sous une fausse identité et

décide donc de se faire passer pour un rabbin (d’où les rudiments d’hébreu appris à Alger). Il est accompagné par Mardochée (ou Mordechai), un juif plein d’expérience qui

 

 

Rabbi Mordechai Aby Sereur, guide de Charles de Foucauld

lors de son exploration du Maroc

78965-bienheureux-charles-de-foucauld---chapitre-2

se charge de rendre l’expédition viable même si les dangers sont bien réels.

La famille de Charles s’inquiète de ce qu’elle considère comme une nouvelle lubie et se préoccupe aussi de sa fortune qui fond comme neige au soleil. En juin 1882, le tribunal de Nancy est saisi afin de le mettre sous tutelle. Un tuteur est nommé et lui alloue 350 F par mois. Maigre somme en comparaison de la prodigalité passée mais Charles s’en contente. Sa vie durant, il vivra surtout de la solidarité familiale, celle de sa sœur Mimi et, plus tard, de sa cousine de Bondy. Elles répondront toujours à ses appels.

Sous son déguisement, Charles va passer onze mois au Maroc, dans ce pays où se côtoient juifs et musulmans. Du nord au sud, de Tanger à Mogador (aujourd’hui Essaouira) il franchit l’Atlas, avec ses cartes, sa boussole, son sextant. Il réalise de nombreux croquis, remplit de notes ses carnets de voyage. Parfois démasqué, il risque le pire. Avant d’arriver à Oujda, aux portes de l’Algérie, il est agressé, dévalisé et reste quelque temps entre la vie et la mort. Mais il n’a pas tout perdu, ses écrits sont sauvés. Au total, il a repéré environ 2000 kilomètres d’itinéraires nouveaux. Une performance proche de l’héroïsme que les membres de la Société de Géographie vont récompenser. Il est décidé de remettre au jeune explorateur une Médaille d’Or. Lors de la remise de cette distinction par Henry Duveyrier, le récipiendaire est absent, occupé à explorer les oasis du sud saharien algérien. Son cousin, Olivier de Bondy, époux de Marie, le représente. Un avenir s’ouvre ainsi à Charles : devenir un brillant géographe. Mais il n’est pas intéressé. Pour l’heure, il pense épouser une protestante rencontrée à Alger, puis renonce, sensible aux protestations de sa famille. Enfin, par l’Espagne, il revient en France, à Nancy d’abord, puis à Paris pour des retrouvailles familiales.

Il met à profit son séjour à Paris pour travailler à son tout premier manuscrit, récit d’explorateur, grâce à ses notes de voyages. Il réalise des croquis, établit des cartes. L’ouvrage, qui fit autorité en la matière, paraît en 1888 sous le titre Renaissance au Maroc.

 

La conversion

L’automne 1886 va marquer un tournant décisif dans la vie de Charles de Foucauld.

La foi des membres de sa famille dont il reconnaît le discernement lui pose question. Il s’interroge, lit Bossuet. Six ans plus tard, il relatera cette recherche à son ami Henry Duveyrier, celui-là même qui lui avait attribué la médaille de la Société de Géographie. Explorateur, lui aussi, et auteur de nombreuses publications, Duveyrier connaît bien le Sahara et cet amour de l’Afrique a certainement rapproché les deux hommes… La lettre que Charles lui adressera retrace les étapes de sa conversion. Il déclare alors que la foi d’un si grand esprit (Bossuet) « n’était pas peut-être aussi incompatible avec le bon sens qu’elle m’avait semblé jusqu’alors. Je sentis  un profond besoin de recueillement. Je fis alors cette étrange prière, je demandais à Dieu auquel je ne croyais pas encore de se faire connaître à moi s’il existait. »

Pour lui, le chemin de la rencontre avec Dieu doit passer par l’étude de la foi catholique. Il s’en remet à un guide, un prêtre, l’Abbé Huvelin, qu’il a rencontré chez sa tante. L’abbé Huvelin vient de passer dix ans à donner des cours sur l’histoire de l’Eglise, suivis de cours sur la morale, à la paroisse Saint-Augustin. Cet homme austère écoute, comprend, enseigne et reçoit les confidences de Charles à tel point que, tout naturellement, il lui propose la confession. Ainsi se noue entre l’abbé et Charles un échange qui durera quelque vingt ans, jusqu’au décès de l’abbé.

La conversion de Charles est totale. De toute son énergie, il envisage de se consacrer à Dieu : « Aussitôt que je crus, j’ai compris que je ne pouvais faire que de vivre que pour Lui » même si sa famille et l’abbé l’encouragent à fonder un foyer.

Il s’applique à pratiquer sa religion avec une inlassable fidélité, ne reculant devant aucune privation, cherchant à répondre à la question permanente : comment me conformer à la Volonté de Dieu ? L’Abbé lui conseille un voyage en Terre Sainte. Charles l’entreprend sans enthousiasme. Mais il se laisse attendrir par Béthanie, Bethléem et la nuit de Noël qu’il y vit, enfin Nazareth. Il rentre ébloui et sa foi se fortifie davantage.

Comme il lui semble que la meilleure réponse à la volonté divine se trouve dans la vie consacrée, il s’en remet à l’Abbé Huvelin pour l’aider à faire le choix de la règle monastique, en adéquation avec ses attentes. Le voici d’abord chez les bénédictins de Solesmes puis à la Grande Trappe de Soligny, enfin chez les cisterciens de Fongombault. Seule l’abbaye cistercienne de Notre-Dame des Neiges en Ardèche, monastère de stricte observance réputé pour son extrême pauvreté répond à ses vœux.

Il décide d’entrer dans ce monastère, renonce à son grade d’officier et fait don de sa fortune à sa sœur, Marie (Mimi) de Blic. Il ne possède plus rien, ayant choisi de tout sacrifier pour mieux se conformer à cette « abjection » qu’il recherche. Lors de son voyage en Terre Sainte, il a longuement médité sur « l’abjection » vécue par Jésus. Ce mot, qui est emprunté au langage de la mystique, s’applique d’abord au Christ qui s’est abaissé jusqu’à la mort de la Croix. Charles veut vivre ce dépouillement et cet abandon : « Elegi abjectus esse » « J’ai choisi de n’être rien ». Tel est désormais son objectif qui s’accompagne d’une intense dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Centrer sa foi sur le Cœur de Jésus, c’est découvrir son humanité. Il doit cette découverte à sa cousine Marie de Bondy qui l’aidera jusqu’au bout par ses dons et son affection. Bientôt il va porter sur son vêtement un Cœur surmonté d’une Croix, symbole qu’il conservera sa vie durant. Mais voici arrivée l’heure de son départ pour Notre-Dame-des-Neiges. Et c’est un lourd sacrifice. Il embrasse tous les siens, l’Abbé Huvelin, Marie de Bondy qu’il considère comme sa mère spirituelle. Il pense ne jamais les revoir.

Mais Notre-Dame-des-Neiges l’attend ou plutôt c’est là que Dieu le veut. Pour combien de temps ?

 

« Vous m’avez ramené dans ma famille où j’ai été reçu comme l’enfant prodigue. Tout cela, c’était Votre œuvre, mon Dieu, Votre œuvre à Vous seul… Une belle âme vous secondait mais par son silence, sa douceur, sa bonté, sa perfection… Vous m’avez attiré par la beauté de cette âme. » Charles de Foucauld.

Rendons grâce à cette âme si belle (sans doute Marie de Bondy), dont le témoignage d’une vie parfaite a attiré irrésistiblement Charles vers son Dieu. Dans la discrétion et le silence, par le simple témoignage d’une vie agréable au Seigneur, nous pouvons nous aussi travailler à gagner des âmes au Royaume de Dieu. Avec l’aide de la Vierge Marie.

 

Avec la Vierge Marie, prions en appuyant sur le bouton "Je prie"

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Publié dans

Publications précédentes

8 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader