"Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?" - Joyeuses Pâques à tous ! - Hozana

"Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?" - Joyeuses Pâques à tous !

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean   (Jn 20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Commentaire – P. Raniero Cantalamessa

Il est ressuscité !


Il y a des hommes – nous le voyons dans le phénomène des terroristes kamikazes – qui meurent pour une cause erronée ou même injuste, convaincus, à tort, même s’ils sont de bonne foi, que celle-ci est bonne. La mort du Christ elle-même, ne témoigne pas en soi de la vérité de sa cause mais uniquement du fait qu’il croyait à la vérité de sa cause. La mort du Christ est le témoignage suprême de sa charité, mais pas de sa vérité. Le seul témoignage approprié de sa vérité est la résurrection. « La foi des chrétiens, dit saint Augustin, est la résurrection du Christ. Il n’est pas difficile de croire que Jésus est mort ; les païens le croient également, tout le monde le croit. Mais ce qui est vraiment grand, c’est de croire qu’il est ressuscité ».

Nous allons laisser la foi de côté pour le moment, et nous en tenir à l’histoire. Nous allons tenter de répondre à la question : pouvons-nous ou non, définir la résurrection du Christ comme un événement historique, dans le sens commun du terme, c’est-à-dire de quelque chose qui s’est « réellement produit » ?

Deux faits s’offrent à la considération de l’historien et lui permettent de parler de la résurrection : tout d’abord, la foi soudaine et inexplicable des disciples, une foi d’une ténacité telle, qu’elle résiste même à l’épreuve du martyre ; deuxièmement, l’explication de cette foi que les intéressés, c’est-à-dire les disciples, nous ont laissée. Au moment décisif, lorsque Jésus fut arrêté et exécuté, les disciples n’étaient dans l’attente d’aucune résurrection. Ils prirent la fuite et considérèrent que le cas de Jésus était clos.

Il a donc dû se produire quelque chose qui, en peu de temps, a non seulement provoqué le changement radical de leur état d’âme mais les a conduits à une activité complètement nouvelle et à la fondation de l’Eglise. Ce « quelque chose » est le noyau historique de la foi de Pâques.

Le témoignage le plus ancien de la résurrection est celui de Paul qui dit : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois — la plupart d’entre eux demeurent jusqu’à présent et quelques-uns se sont endormis — ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton ». (1 Co 15, 3-8).

Ces paroles ont été écrites en 56 ou 57 après J.C. Le noyau central du texte cependant, est constitué d’un credo antérieur, que saint Paul dit avoir lui-même reçu d’autres personnes. Si l’on tient compte du fait que Paul apprit ces formules immédiatement après sa conversion, nous pouvons les faire remonter à environ 35 après J.C, c’est-à-dire à cinq, six ans après la mort du Christ. Un témoignage d’une rare valeur historique, par conséquent.

Les récits des évangélistes furent écrits quelques décennies plus tard et reflètent une phase ultérieure de la réflexion de l’Eglise. Le noyau central du témoignage demeure toutefois inchangé : le Seigneur est ressuscité et est apparu vivant. A cela s’ajoute un élément nouveau, peut-être déterminé par une préoccupation apologétique et donc de moindre valeur historique : l’insistance sur le fait du sépulcre vide. Pour les évangiles également, les apparitions du Ressuscité restent le fait décisif.

Les apparitions témoignent toutefois également de la nouvelle dimension du Ressuscité, sa manière d’être « selon l’Esprit », qui est nouvelle et différente de la manière d’être antérieure, « selon la chair ». Il ne peut pas être reconnu par exemple par toute personne qui le voit mais seulement par celui de qui il se fait connaître. Son corps est différent d’avant. Il est libre des lois physiques : il entre et sort à portes closes ; il apparaît et disparaît.[...]

Quel est le résultat de la recherche historique à propos de la résurrection ? Nous le saisissons dans les paroles des disciples d’Emmaüs : le matin de Pâques, quelques disciples se sont rendus au sépulcre de Jésus et ont trouvé les choses comme l’avaient rapporté les femmes, qui y étaient allées avant eux, « mais lui, ils ne l’ont pas vu ». L’histoire également se rend au sépulcre de Jésus et doit constater que les choses sont comme les témoins l’ont affirmé. Mais lui, le Ressuscité, elle ne le voit pas. Il ne suffit pas de constater historiquement, il faut voir le Ressuscité et cela, l’histoire ne peut le donner, seule la foi peut le faire.

L’ange qui apparut aux femmes, le matin de Pâques, leur dit : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » (Lc 24, 5). Je vous confesse qu’au terme de ces réflexions je sens ce reproche comme s’il m’était adressé à moi également. Comme si l’ange me disait : « Pourquoi t’attardes-tu à chercher parmi les arguments morts de l’histoire, celui qui est vivant et qui agit dans l’Eglise et dans le monde ? Va plutôt et dis à tes frères qu’il est ressuscité ».

Joyeuses Pâques à toutes et à tous !

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6