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Sainte Jeanne Jugan Sœur Marie de la Croix - Chapitre 3

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Elue Supérieure des Petites Sœurs des Pauvres, le 8 décembre 1843, Jeanne est destituée de ses fonctions le 23. Que se passe-t-il ? S’arrogeant un pouvoir qui n’était pas le sien, le directeur spirituel, l’Abbé Le Pailleur, prend la décision d’annuler cette élection et de nommer, à la place de Jeanne, la petite Marie Jamet, âgée de 23 ans (Jeanne en a 51). La renommée de Jeanne a gêné l’Abbé qui entend, à lui seul, diriger la Congrégation et dominer la nouvelle Supérieure dont la jeunesse ne mettra pas d’obstacle à son ambition.

Quelle est la réaction de Jeanne ? Elle regarde le crucifix accroché au mur puis une statuette de la Vierge, s’agenouille enfin devant la nouvelle Supérieure et lui promet obéissance.

Elle redevient simple quêteuse. Elle sort par tous les temps, la chaleur, le froid, la pluie, sollicite des dons au risque d’être parfois rabrouée, porte de lourds fardeaux. Mais elle est « véritablement plongée dans le Mystère du Christ Rédempteur, spécialement dans sa Passion et sa Croix » (St Jean-Paul II. 3 octobre 1982). Elle accepte toutes les humiliations, voire les recherche, faisant taire sa fierté naturelle devant une situation totalement injuste.

Un événement imprévu va la remettre sur le devant de la scène. L’Académie Française décerne chaque année un prix de vertu, attribué au fondateur d’une œuvre humanitaire, le prix Montyon. En décembre 1844, la commune de Saint-Servan avait adressé à l’Académie Française une pièce officielle et un document de base qui établissait l’historique de l’œuvre de la Sainte. Et le prix lui est décerné en 1845 ! A cette occasion un homme politique important, André Dupin, prononce un discours qui connaît un énorme retentissement. Jeanne reste modeste et humble mais elle utilisera plus tard ce Prix lors des démarches entreprises pour obtenir des autorités civiles les permissions nécessaires à ses fondations. Et comme son nom devient connu, les bourses vont se délier pour elle plus facilement.

En 1846, elle ne s’insurgera pas en recevant une lettre de la Supérieure Marie Jamet (peut-être inspirée par l’Abbé Le Pailleur qui n’a sans doute pas vu d’un très bon œil l’attribution de ce Prix). Malgré leur différence d’âge, Marie s’exprime en ces termes : « Ma chère enfant (sic)… Que Dieu est bon qui permet qu’une pauvre fille comme vous soit si bien accueillie ! … Toutefois, mon enfant, gardez-vous d’être importune. Je vous recommande de prendre garde de concevoir aucun petit sentiment d’amour-propre. Soyez bien convaincue que, si l’on agit ainsi à votre égard, ce n’est pas à cause de vous mais c’est Dieu qui le permet pour le plus grand bien de ses pauvres. Pour vous, tenez-vous toujours pour ce que vous êtes véritablement, c’est-à-dire pauvre, faible, misérable, incapable de tout bien… Votre Mère, Marie Jamet. »

L’œuvre se développe et les quêtes locales ne suffisent plus. Il faut aller plus loin. Jeanne est donc envoyée à Rennes. Mais dès son arrivée, elle remarque le nombre important de mendiants à secourir. Elle entreprend une quête annoncée dans les journaux locaux et, avec l’autorisation de la Supérieure, se consacre à une nouvelle fondation. On commence petitement, avec une location de deux pièces à Rennes. Le logis connaît très vite ses limites si bien que le 19 mars, fête de Saint Joseph, Jeanne décide de supplier le saint de lui venir en aide. Elle reste en prières à l’église. Une personne s’approche : « Avez-vous une maison ? » dit-elle. « J’ai votre affaire ». Dans le Faubourg de La Madeleine, une grande bâtisse permet d’accueillir une cinquantaine de pensionnaires. Non loin de là, un pavillon sert de chapelle. Un contrat est signé le 25 mars et, aussitôt, Jeanne déménage, aidée par des soldats qui s’emploient au transport des vieilles femmes. Son exemple incite de nombreuses jeunes filles à entrer en religion. Jeanne reprend ses quêtes et part toujours plus loin. Vitré, Fougères. Sur son passage, de jeunes postulantes sollicitent également leur entrée au noviciat.

Une quête a fait date. Celle effectuée au collège des Eudistes de Redon où Jeanne est invitée à parler de son œuvre devant les collégiens. Bouleversés, ils retournent leurs poches et donnent tout ce qu’ils possèdent.

L’œuvre connaissant un développement important (après Saint-Servan et Rennes, une troisième maison s’est ouverte à Dinan) il apparaît que le règlement primitif des Petites Sœurs des Pauvres est trop succinct. Aussi, au printemps 1846, sur les conseils de Félix Massot, ancien Provincial de l’Ordre Hospitalier des Frères Saint-Jean de Dieu, les Sœurs préparent-elles une règle plus élaborée, fortement inspirée des Constitutions des Frères.

Les fondations se poursuivent : Tours, Paris… Mais leur survie pose parfois question. Parce qu’elle a la confiance de tous, Jeanne obtient les fonds nécessaires et sauve, à plusieurs reprises, l’œuvre dont elle a été destituée. Puis elle s’éclipse et va aider un autre couvent. On la voit à Saint-Brieuc où elle quête, aidée dans sa démarche par les articles de journaux qui vantent son apostolat. Il lui suffit de se présenter, de dire « Je suis Jeanne Jugan » et toutes les bourses s’ouvrent.

 

Redevenue simple quêteuse, contredite, humiliée, en butte aux adversités, Jeanne Jugan allait toujours louant Dieu. Une louange enracinée dans sa foi. Dans sa confiance absolue à la bonté de Dieu, elle s’effaçait totalement et proclamait sa joie de « tout attendre du Bon Dieu ».

« Dieu ne pouvait glorifier plus humble servante », a dit le pape Jean-Paul II. Elle est un appel à vivre les Béatitudes aujourd’hui. Sa mission continue.

Sainte Jeanne Jugan, toi qui as consacré ta vie aux plus petits de tes frères, change notre regard, aide-nous à voir en chacun d’eux l’image du Christ qui a aimé l’humanité jusqu’à donner sa vie pour elle. Avec l’aide la Vierge Marie.

Prions avec Marie en cliquant sur le bouton "je prie".

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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