Facebook Pixel« Transcender le temps ordinaire pour en faire un quotidien de sainteté. » - Hozana

« Transcender le temps ordinaire pour en faire un quotidien de sainteté. »

Comment ça marche ? Munissez vous d'un carnet et, pendant 3 jours, prenez un peu de temps pour vous consacrer à chaque étape de la retraite (un jour = une étape) : en méditant les pistes qui vous sont proposées et en répondant, dans la prière, aux questions qui vous sont posées pour relire votre vie.

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Chère toutes !

Nous espérons que vous allez bien ! Le mois de novembre commence par la belle fête de tous les saints qui est aussi l’occasion de faire mémoire de tous les saints anonymes de nos familles qui nous ont précédés auprès de Dieu notre Père et de ceux qui sont morts pour lesquels nous prions et que nous confions à Sa miséricorde.


Une certaine hagiographie nous a présenté les saints comme des sortes de super héros ou de « Wonder women », parés de toutes les vertus, qui dès la naissance refusaient le sein maternel le vendredi en souvenir de la Passion du Christ, bref, des saints admirables mais inimitables, de quoi décourager les meilleures volontés. Qui aurait pu prétendre à la sainteté devant cet idéal inaccessible ?


Grâce à Dieu, l’Eglise a élevé sur les autels et proclamé sainte et docteur de l’Eglise, au même rang que les plus grands théologiens, Thérèse de Lisieux, une jeune fille qui a su dépoussiérer les statues de plâtre proposées à notre dévotion et évangéliser ce désir profond de sainteté qui habite le cœur de toute femme.


Thérèse écrivit dans son acte d’offrande :

« Je désire être une sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, o mon Dieu d’être vous-même ma sainteté. »

L’Eglise a canonisé des épouses, des mères de famille, et même des couples rappelant par cela l’appel universel à la sainteté. Non, nous ne sommes pas toutes appelées à rentrer au Carmel pour répondre à cet appel ! Chacune dans notre état de vie nous pouvons vivre de cette plénitude d’amour : aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre vie et nous laisser aimer par Lui et répandre autour de nous l’amour.


Le Pape François a pris la comparaison du vitrail pour expliquer ce qu’est la sainteté :

"Les saints sont nos frères et sœurs qui ont accueilli la lumière de Dieu dans leur cœur et qui l’ont transmise au monde… Ils ont lutté pour enlever les taches et les obscurités du péché, de façon à faire passer la lumière de Dieu. Voilà."

Par cette retraite nous sommes invitées à :

  • Jour 1 : Réveiller en nous le désir de sainteté
  • Jour 2 : Retrouver au plus profond de nous-mêmes la source de vie, le regard du Père.
  • Jour 3 : Choisir la bénédiction.
  • Bonus : Triompher du mal par le Bien

PREMIER JOUR : RÉVEILLER EN NOUS LE DESIR DE SAINTETÉ

« Ne réveillez l’amour avant qu’elle le veuille ! » (Cant des cantiques)

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Nous sommes-nous posées la question de la sainteté ? Ou cela nous paraît-il si lointain de notre réalité, si inaccessible que cela nous semblerait très prétentieux d’oser même en avoir le désir ?


Pourtant notre cœur de femme est habité par de grands désirs. Nous ne pouvons nous contenter de la réalité telle qu’elle est. Nous aspirons à plus, à mieux. Nous pressentons au fond de nous-même que notre vie peut être belle et féconde si nous nous laissons transfigurer par la Lumière et l’Amour de Dieu.


Les commentaires rabbiniques disent que l’Homme a été créé en dehors du Paradis, modelé à partir de la poussière du sol. La Femme, elle, a été créée dans le Paradis, et façonnée, construite, à partir de la côte ou du côté d’Adam, c’est-à-dire à partir de l’humain. C’est pourquoi tout ce qui touche à l’Homme la touche et tout ce qui parle de Dieu l’attire. Elle garde au fond d’elle-même la nostalgie du Paradis.


Comment dès lors concilier cet appel profond, ce désir de beauté, de bonté, de pureté, de grand amour qui habite son cœur, et le constat que nous faisons chaque jour de notre incapacité à vivre notre idéal ?


Nous avons vite fait de conclure : la sainteté n’est pas pour moi ! vite fait de nous comparer à celles qui semblent réussir si bien, vite fait de nous trouver nulles, insignifiantes.

Le Pape François nous aide à comprendre que la sainteté est à notre portée :

« La sainteté n’est pas quelque chose de lourd, de triste, mais au contraire c’est l’invitation à partager sa joie, à vivre et à offrir avec joie chaque moment de sa vie, en en faisant un don d’amour pour les personnes alentour. A cette lumière, même les plus petites choses de la vie quotidienne acquièrent une nouvelle signification et deviennent des petits pas vers la sainteté : une femme qui refuse d’entrer dans les médisances sur la place du marché, un parent qui écoute avec patience son fils malgré la fatigue de fin de journée, une famille qui prie le soir, qui va à la messe le dimanche, qui vit le sacrement de la confession, un baptisé qui prie le chapelet, qui s’arrête auprès d’une personne pauvre, nécessiteuse, pour parler et partager quelque chose… ce sont des petites choses, mais tout autant de petits pas vers la sainteté. »

« Les personnes qui avancent dans la vie avec patience font avancer l’Eglise par leur sainteté de tous les jours, de chaque jour. » (17 février 2014)

« La sainteté demande le don de soi avec un sacrifice chaque jour. Pour cela le mariage est une voie magistrale pour devenir des saints. » 9 mai 2014.

Demandons à la Petite Thérèse de nous accompagner, elle qui nous a ouvert un chemin, une « Petite voie » qui conduit à la sainteté. Une de ses novices disait d’elle :

« Toute sa vie se résume en un seul mot : elle a aimé le Bon Dieu dans toutes les petites actions ordinaires de la vie commune, les accomplissant avec une grande fidélité. Elle avait toujours une grande sérénité d’âme dans la souffrance comme dans la jouissance, parce qu’elle prenait toutes choses comme venant de la part du Bon Dieu. »

Ne se laissant pas impressionner par sa faiblesse elle a mis toute sa confiance en l’amour miséricordieux de Dieu qui peut faire par "la toute-puissance de Son Esprit Saint agissant en nous infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer ou concevoir." (Eph.3,20)

« On obtient de Dieu autant qu’on en désire. » disait-elle.


Alors n’ayons pas peur d’avoir de grands désirs !

Prenons le temps de la réflexion : ouvrons notre carnet de retraite.

  1. Essayons de sonder quels sont les désirs les plus profonds de notre cœur. Inscrivons-les sur notre carnet et classons-les selon leur importance.
  2. Quels sont les obstacles en moi à la sainteté ? Cela peut nous aider de les nommer, de les écrire et de nous situer par rapport à ces croyances que nous avons sur nous-mêmes.

Recueillons-nous un instant et comme l’aveugle Bartimée (Mc 10. 46-52) poussé par d’autres devant Jésus, ayons l’audace de nous mettre face à Lui et de Lui dire : « Jésus, fils de David, aies pitié de moi. » en lui exposant notre incapacité à faire le Bien que nous voudrions faire.

Ecoutons-le nous dire : « Que veux-tu que je fasse pour votre toi ? » (Marc 10.51)

Rentrons plus profondément en nous-mêmes et posons-nous la question :

  1. Qu’est- ce que je veux vraiment ?
  2. Qu’est-ce qui m’empêche de commencer à le mettre en œuvre ?
  3. Quelle décision je vais prendre aujourd’hui ?

Prière :
Seigneur, me voici devant toi au soir de ce premier jour de retraite. Tu connais les désirs les plus profonds de mon cœur. Tu connais aussi ma faiblesse, ma paresse, mon inconstance. Viens réveiller en moi l’amour, viens raviver le désir de la sainteté et la foi que tout est possible à celui qui met sa confiance en toi.

DEUXIEME JOUR : L’INTERIORITE


Retrouver au plus profond de moi la source de la vie et le chemin vers le Père.

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Lève-toi et va vers toi-même !


Quand Dieu appelle Abraham à quitter son pays, sa famille et la maison de son père, il lui dit : « lejh lejha », ce qui signifie : « Va vers toi-même ! »
C’est la même invitation qui est faite à la fiancée du Cantique des Cantiques, et qui nous est faite personnellement :

« Lève-toi ma toute Belle mon amie et va vers toi-même » (Cantique des Cantiques)

Nous sommes invitées en ce deuxième jour de retraite à nous mettre en route, à commencer ce pèlerinage intérieur. La Terre Promise se trouve dans notre centre le plus profond, notre jardin secret. Dieu a choisi notre cœur pour y faire Sa Demeure, pour faire de nous des tabernacles du Dieu vivant.


Mère Térésa ne disait-elle pas :

« Un chrétien est un tabernacle du Dieu vivant. Il m’a créée, il m’a choisie, il est venu habiter en moi, parce qu’il avait besoin de moi. » ?


Et Elisabeth de la Trinité écrivait à sa sœur qui vivait dans le monde :

« C’est jusqu’au fond de mon âme, là où habite l’Esprit Saint que je me recueille et que je me retire. (L 226). Voici que l’Esprit Saint te choisit pour son temple. Tu ne t’appartiens plus et c’est là ta grandeur. (P 106) »

Saint Ignace d'Antioche disait encore :

« Faisons donc tout dans la pensée qu’Il habite en nous, afin que nous soyons ses temples et que Lui soit en nous notre Dieu »


A ses disciples qui lui demandent de leur apprendre à prier, Jésus répond :

« Pour toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père qui est là dans le secret, et ton Père qui te voit dans le secret te le rendra. » (Mat. 6.6).
« Lorsque nous nous adressons au Père dans notre chambre intérieure, dans le silence et le recueillement, nous ne sommes jamais seuls. Celui qui parle à Dieu n’est jamais seul. » Benoit XVI (23 mai 2012)

Chaque fois que nous nous tournons vers Dieu et que nous prenons la peine de descendre dans notre sanctuaire intérieur, nous quittons le bruit du monde pour entrer dans le silence.

« Le silence précède et prépare ce moment privilégié où nous avons accès à Dieu, qui alors peut nous parler face à face comme nous le ferions avec un ami. », écrit le Cardinal Sarah.
Benoit XVI continue : Le silence est capable de creuser un espace intérieur au plus profond de nous-mêmes, pour y faire habiter Dieu, afin que sa Parole demeure en nous, pour que notre amour s’enracine dans notre esprit et dans notre cœur et anime notre vie. »

En hébreu quand Dieu crée l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance, le mot employé pour femme est « nekeva », qui signifie « réceptacle », « trou », « creux », mais aussi « créer une espace intérieur ». La femme est celle qui ouvre en elle un espace pour l’enfant, un espace pour l’autre, un espace pour Dieu. Elle est disposée naturellement à la prière et à l’intériorité. Quand elle oublie la prière elle est plus vulnérable au regard des autres et elle risque de reporter sur l’homme toutes ses attentes, s’exposant à être dominée et à perdre sa liberté et la conscience de son identité. Sa libération ne consiste pas à s’affranchir de l’homme mais à découvrir qui elle est sous le regard de Dieu. C’est Son regard qui nous purifie, qui nous sanctifie, qui nous rend à nous-mêmes en nous libérant de tous les autres regards. Francis Lalanne disait lors d’une interview : « Le regard des autres ne me regarde pas. » Pour certaines, ce regard les paralyse et les empêche de devenir elles-mêmes.

Témoignage d’Amandine :
Petite fille j’ai commencé à avoir peur du regard de ma mère. J’avais peur de mal faire. Loin de s’atténuer en grandissant, son regard sur moi est devenu oppressant et j’avais beau mettre de la distance, il était en moi et me créait des angoisses. Il m’empêchait d’être moi-même. A la faveur d’une épreuve j’ai fait l’expérience du regard du Père posé sur moi qui me disait : « C’est mon regard qui te purifie. » J’ai ainsi pris l’habitude chaque fois que ressurgissaient ces mauvais regards de me mettre sous le regard du Père et d’accueillir son amour. Je lui disais : « Mais toi Seigneur, tu m’aimes telle que je suis ! »

Exercice : Prenons un temps pour aller à Sa rencontre.


Nous pouvons faire cet exercice de descendre dans le lieu de notre cœur pour écouter le silence qui est présence, et nous exposer dans un acte de foi au regard de Celui qui nous voit dans le secret, et qui nous aime tels que nous sommes.
Fermons les yeux au monde qui passe et ouvrons le regard intérieur pour contempler le monde invisible.
Posons la main sur notre cœur et écoutons chacun de ses battements.
Nous sommes là et notre Père du Ciel est là, dans le secret de notre cœur. Accueillons le regard du Père sur nos limites, nos fragilités, nos maladresses, nos infirmités. Il nous regarde et Il nous aime.
Laissons-nous guérir de tous les regards mauvais qui ont été posés sur nous et que nous avons intégrés.
Quittons résolument sans retour en arrière toutes ces fausses images que nous avons de nous-mêmes.

Pistes de réflexion :

  1. Quels sont les regards qui ont été importants dans ma vie ?
  2. Que m’ont-ils communiqué ?
  3. Quel est le regard qui m’a le plus blessée ?
  4. Son souvenir est-il toujours douloureux, ou bien n’a-t ’il plus de pouvoir sur moi ?
  5. Ai-je fait au moins une fois dans ma vie l’expérience de la présence et du regard du Père posé sur moi ? Je peux faire mémoire de cette expérience. Elle est vivante en moi. Elle est comme une source.

Résolution :
Prenons la décision de prendre le temps de nous rendre chaque jour dans notre sanctuaire intérieur, notre jardin secret, ne serait-ce que quelques minutes, pour savourer le silence et nous laisser régénérer par le regard du Père.


La belle prière de l’angélus que l’on récitait autrefois trois fois par jour, était comme le rappel d’un rendez-vous avec le Ciel. Chacun s’arrêtait sur son lieu de travail quelques instants pour se recueillir, se souvenir de Dieu.
Soyons inventives et fixons-nous des rendez-vous avec le Ciel plusieurs fois par jour.

Prière :
Seigneur, je te rends grâce pour ton regard posé sur moi. Je te demande pardon d’avoir si souvent donné de l’importance au regard des autres. Aujourd’hui je veux me recevoir de Toi. C’est ton regard qui me purifie, qui me libère, qui me dit combien tu m’aimes et qui me fait devenir moi-même.

TROISIÈME JOUR : CHOISIR LA BÉNÉDICTION

« Celui qui garde ma Parole est passé de la mort à la vie. »

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Il suffit de vouloir se recueillir pour faire le constat que nous sommes envahies par toutes sortes de cogitations intérieures. Quand nous restons à la périphérie de nous-mêmes, nous sommes dans la dispersion. Il est bien difficile de faire l’unité en nous, de mettre de l’ordre dans nos pensées. Bien souvent elles nous font perdre la paix. Nous sommes devant la nécessité de les discerner et de reconnaître celles qui viennent de la chair, du démon ou de Dieu. On les reconnaît à leur effet.


Il est écrit dans les commentaires juifs que la tâche qui revient à la femme, c’est de séparer le bien du mal. C’est, disent-ils, la chose la plus difficile qui soit. Nous ne pouvons pas ne pas penser à la Vierge Marie qui conservait, qui repassait toutes choses dans son cœur. En hébreu, le mot « davar » se traduit à la fois par « chose », « parole » et « événement ». Elle ne ressassait pas dans sa tête ce qu’elle avait vécu, comme nous savons si bien le faire, mais elle descendait dans son sanctuaire intérieur et posait son beau regard sur la réalité, faisant le tri entre le Bien et le Mal et trouvant les paroles justes pour chaque personne, chaque événement. Elle écoutait la Parole et la gardait dans son cœur.


Et nous, qu’avons-nous écouté ? Qu’avons-nous laissé entrer par nos oreilles, sortir par notre bouche ? Notre cœur n’est-il pas encombré par des futilités, par des paroles vaines ?

Le Pape François est toujours très concret dans ses homélies. En parlant de la garde du cœur il dit :

"En effet il y a tant de choses qui y entrent : les mauvaises pensées, les mauvaises intentions, les jalousies, les envies. Mais qui a ouvert la porte ? Par où sont-elles entrées ? » Celui qui ne se rend pas compte de ce qui entre dans son cœur court le risque de voir son cœur devenir « une place où tout le monde va et vient. Un cœur sans intimité, un cœur ou le Seigneur ne peut pas parler et encore moins être écouté."

Et d'ajouter : "La conversion, c’est demander au Seigneur la grâce de ne pas dire du mal des autres, de ne pas critiquer, de ne pas médire, d’aimer tout le monde. C’est une grâce que le Seigneur nous donne. C’est cela, la conversion du cœur."

Il nous appartient de nous examiner, de faire ce que la tradition appelle notre « examen de conscience » pour prendre conscience des pensées, des paroles qui nous habitent, de celles qui sont à l’origine de nos croyances et qui ont obstrué la source de vie qui est en nous. Elles agissent en nous comme des malédictions qui nous programment pour l’échec et nous empêchent d’avoir accès au cœur de Dieu. Elles surgissent à la faveur d’une contrariété, d’un échec, d’une épreuve et viennent confirmer ce sentiment d’incapacité, de médiocrité, de nullité que nous avons à notre sujet.

Un apologue grec peut nous aider à opérer le discernement. C’est l’histoire des trois tamis :

Un jour quelqu’un vint voir Socrate et lui dit :
- Ecoute Socrate il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
- Arrête ! Interrompit l’homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis ? dit l’autre, rempli d’étonnement.
- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?
- Non, je l’ai entendu raconter et…
- Bien, bien. Mais assurément tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la bonté. Ce que tu veux me raconter, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
- Hésitant, l’autre répondit : Non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire…
- Hum ! Dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire…
- Utile ? Pas précisément.
- Eh bien ! dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier…
(Apologue grec)

Dieu a placé son Peuple à la croisée de deux chemins :

« Vois, je mets devant toi le chemin de la vie et le chemin de la mort, le chemin de la bénédiction et le chemin de la malédiction. Choisis la Vie. » (Dt 30. 15, 20)


Nous aussi nous avons le choix de nous complaire dans notre marasme intérieur ou de choisir résolument la bénédiction et la vie.

Témoignage de Magda :
J’ai eu l’occasion de participer à une retraite « Renaître en Marie » au cours de laquelle on nous avait demandé de trouver un moment au cours de la journée pour nous mettre devant Dieu et lui dire à haute voix ce que nous pensions de nous-mêmes. Je n’avais aucune envie de faire l’exercice, puis j’ai fini par m’y résoudre et j’ai été effarée de ce qui sortait de ma bouche. Je me suis entendue dire : « Tu es une poubelle ! » A ce moment-là quelque chose en moi au plus profond s’est écrié : « Ce n’est pas vrai ! » J’ai réalisé que j’étais habitée par un mensonge qui en entraînait beaucoup d’autres. J’avais envie de mourir. Des pensées de suicide venaient me tourmenter. J’ai pu alors choisir la bénédiction et la vie et faire tout un chemin de guérison qui continue encore aujourd’hui.

Pistes de réflexion :

« Heureux celui qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde. » chante le palmiste.
  1. Quelles sont les paroles que nous avons laissées entrer en nous, celles auxquelles nous avons donné du crédit ?
  2. Quelles paroles choisissons-nous et décidons-nous de croire aujourd’hui ?Prenons un temps aujourd’hui pour rentrer en nous- mêmes, pour nous mettre dans la présence de Dieu et pour lui dire à haute voix ce que nous pensons de nous et ainsi prendre conscience des paroles qui nous habitent.Ecrivons-les sur notre carnet et demandons à Dieu dans la Bible une Parole de vie qui rende inoffensive la parole de mort. Par exemple :

 Si vous n’avez aucune estime de vous-mêmes écrivez en face de la malédiction : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. » (Isaïe)
 Si vous avez l’impression que vous n’y arriverez jamais, écrivez : « Je puis tout par Celui qui me fortifie. »
 Si vous êtes dans une voie sans issue : « Rien n’est impossible à Dieu. » (Lc 1.)
 Si vous faites l’expérience du mal, du malheur, prenez dans la foi que : « Pour ceux qui l’aiment, Dieu fait tout concourir à leur bien. »

3. Laissons descendre cette parole dans notre cœur et prenons la décision de croire qu’elle dit la vérité.

Car le Bien est plus fort que le mal, la Parole de vie plus puissante que toutes les paroles de mort. Quand Marie entre chez sa cousine Elisabeth elle reçoit la plus belle confirmation qui soit :

« Bienheureuse celle qui a cru les paroles qui lui ont été dites de la part du Seigneur. » (Lc 1.45)

Résolutions :

  1. Je choisis de croire en la bénédiction de Dieu qui repose sur ma vie. Je la formule avec mes mots.
  2. Dès que je prends conscience que mon discours est négatif, je cherche à le reformuler de manière positive.
  3. Je vais m’exercer au discernement des trois tamis.
  4. Saint Paul a dit : « Bénissez afin d’hériter la bénédiction. » (1P. 3,9). Je décide de m’entraîner à la bénédiction, à voir le bien, à le dire, à le chercher quand il se cache.
  5. Chaque semaine je mémoriserai une Parole de Jésus.

Prière :
Seigneur, je te rends grâce pour le don de ta Parole, pour le don de la vie. Donne-moi un cœur reconnaissant pour toutes les manifestations de ta tendresse et de ta bénédiction dont tu m’as gratifié jusqu’à ce jour. Je veux faire mémoire de tous tes bienfaits pour mieux accueillir tout ton amour. Je veux garder ta Parole dans mon cœur et devenir à mon tour bénédiction pour ceux qui m’entourent et pour le monde.

BONUS : TRIOMPHER DU MAL PAR LE BIEN.

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Thérèse d’Avila disait à la suite d’Aristote que les cinq sens sont les portes de l’âme. Ils permettent le passage de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur. Nous en avons un peu mieux pris conscience au cours de cette retraite, ainsi que de la nécessité d’être vigilants à la manière dont nous regardons, dont nous écoutons, dont nous parlons, dont nous touchons.

Jésus ne dit-il pas : « Prenez garde à la manière dont vous écoutez. » (Lc 8.18) ?
Et le palmiste demande : "Etablis, Seigneur, une garde à ma bouche et veille sur la porte de mes lèvres." (Psaume 141.3)


Nous ne sommes pas seulement victimes des regards que l’on a posés sur nous ou des paroles qui nous ont affectées. Nous aussi, nous sommes coupables de mauvais regards et de mauvaises paroles. Peut-être est-ce le moment de prendre conscience que nous aussi nous blessons et d’en demander humblement pardon à Dieu. Nous n’avons pas le pouvoir de changer les autres, mais nous pouvons décider de changer.

« Pour parvenir à la crainte de Dieu nous devons exercer un contrôle incessant sur nos paroles. Paroles et pensées sont des activités qui ne cessent pas. Vous ne pouvez rien vous fixer de meilleur que de décider résolument et devant Dieu seul de ne jamais dire du mal d’un autre homme. Cela exige un contrôle incessant. » - Hirsh


L’occasion sera peut-être donnée de réparer le mal que nous avons fait.

Saint Paul nous encourage à « ne pas nous laisser vaincre par le mal mais à triompher du mal par le bien. » (Rom.12.21)


Nous ne sommes certes pas capables des exploits des grands ascètes, mais nous pouvons réjouir le cœur de Dieu et celui de nos proches par de toutes petites choses faites avec beaucoup d’amour.


« Souriez et la vie vous sourira ! » dit la sagesse populaire. Si nous savions la puissance d’un sourire qui vient du cœur ! Rabbi Nahman disait : « Immense est le mérite de ceux qui réconfortent les autres. Le monde est écrasé de soucis et d’anxiété. Un sourire et une bonne parole sont des rayons de lumière, des remèdes. »


Mettons notre joie à faire des actes d’amour connus de Dieu seul. La femme est experte dans l’art d’aimer. Sans regarder en arrière courons vers le but avec détermination et enthousiasme. La vie avec Dieu est passionnante. En avant !

Prière :
Seigneur je te remercie au terme de cette retraite pour la joie que tu mets dans mon cœur, pour ce désir renouvelé que tu viennes vivre et aimer en moi, toi qui es le seul Saint. Fais de moi un instrument de ta paix, de ta tendresse. Donne-moi Ton regard, donne-moi Ta Parole, donne-moi Ton cœur, pour aimer comme tu aimes.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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