Et ne nous laisse pas entrer en tentation

Bonjour à tous,

 

La sixième demande du Notre Père porte sur un deuxième obstacle à éviter pour parvenir à la vie éternelle : la tentation. Il ne s’agit pas seulement de demander pardon pour nos péchés, mais il faut encore que nous apportions toute l’application nécessaire pour ne pas retomber dans le péché. La tentation nous empêche de faire la volonté de Dieu. Cette demande fait donc écho à la troisième demande : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

 

« Et ne nous laisse pas entrer en tentation », sixième demande

 

Qu’est-ce que la tentation ?

Tenter, c’est « mettre à l’essai ou éprouver ». Tenter un homme, c’est éprouver sa vertu. La vertu de l’homme est mise à l’épreuve parfois au point de vue de l’excellence de son agir et parfois au point de vue de son éloignement du mal.

L’homme peut être éprouvé pour voir s’il est prompt à se porter au bien. La promptitude signifie alors que sa vertu est grande. Dieu nous éprouve parfois de cette manière pour que notre vertu - qu’il connaît déjà - soit connue de tous et soit un exemple pour tous. C’est de cette manière seulement que Dieu tente l’homme : en l’excitant à bien faire.

Pour éprouver la vertu de l’homme, on peut aussi l’inciter au mal. S’il résiste fortement et ne consent pas, c’est que sa vertu est grande. S’il succombe à la tentation, c’est que sa vertu est manifestement inexistante. Dieu ne tente jamais l’homme de cette manière. Il ne pousse personne au mal.

 

Comment et par qui l’homme est-il tenté ?

Nous sommes tentés par trois choses :

 

  • La chair. Elle nous pousse au mal par la recherche incessante de délectations charnelles et elle nous détourne du bien spirituel ;
  • Le diable. Il est appelé le tentateur. Saint Thomas montre comment le diable nous tente :
Dans ses tentations, le diable se montre consommé en ruse. Semblable à un habile chef d’armée, occupé à assiéger une forteresse, il considère les points faibles de l’homme qu’il veut attaquer et fait alors porter l’effort de la tentation là où il constate que son adversaire est plus désarmé. Ainsi il tente les hommes, vainqueurs de leur chair, du côté des vices auxquels ils sont le plus enclins, comme la colère, l’orgueil et les autres maladies de l’esprit. Votre adversaire, le diable, dit saint Pierre (1 Pierre 5, 8), comme un lion rugissant, rôde autour de vous ; il cherche qui dévorer. Le démon, dans ses tentations, emploie une double tactique. D’abord, il ne propose pas aussitôt à l’homme, au moment de la tentation, un mal manifeste, mais un bien apparent. Ainsi, au début, il ne détourne que légèrement l’homme de son orientation générale antérieure, mais suffisamment pour ensuite l’amener plus facilement à pécher. A ce sujet, l’Apôtre écrit aux Corinthiens (2 Jean 11, 14) ; Rien d’étonnant (si de faux apôtres se camouflent en apôtres du Christ), Satan lui-même se déguise bien, lui, en ange de lumière. Après avoir amené l’homme à pécher, Satan l’enchaîne ensuite pour l’empêcher de se relever de ses fautes. Ainsi donc le démon fait deux choses : il trompe l’homme et il maintient l’homme trompé dans son péché.
  • Le monde. Il nous tente par un désir excessif et immodéré des choses temporelles et par les frayeurs que nous inspirent les persécuteurs et les tyrans.

 

De quelle manière l’homme est-il délivré de la tentation ?

L’homme est délivré de la tentation par la grâce.

Le Christ nous enseigne à demander au Père non pas la grâce de ne pas être tentés, mais bien celle d’éviter de nous établir passivement dans l’état où nous met la tentation. C’est en effet en surmontant et en dominant la tentation que l’homme mérite la couronne de gloire incorruptible.

L’épreuve est pour notre bien.

Ainsi donc, Jésus nous enseigne à demander au Père de ne pas nous laisser succomber à la tentation, en lui donnant notre consentement. Aucune tentation, dit saint Paul (1 Co 10, 13), ne nous est survenue, qui passât la mesure humaine. Que l’homme soit tenté en effet est chose normale, mais qu’il consente à la tentation et s’y abandonne, cela ne l’est pas, mais lui vient du diable.

Dieu ne pousse pas au mal, mais il permet seulement la tentation dans la mesure ou un bien plus grand peut en sortir.

 

Cette sixième demande est associée au don d’« intelligence » et à la béatitude : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ».

 

Méditation du jour : Récitons lentement ces mots « Et ne nous laisse pas entrer en tentation », en identifiant consciemment les tentations de la chair, du diable et du monde, et en ayant au cœur la conviction que nous sommes capables de les surmonter avec la grâce de Dieu. Nous pouvons répéter plusieurs fois ces mots dans la journée.

 

Achevons notre prière avec l’oraison de la fête de saint Thomas d’Aquin : « Dieu qui as fait de saint Thomas d'Aquin un modèle admirable par sa recherche d'une vie sainte et son amour de la science sacrée, accorde-nous de comprendre ses enseignements et de suivre ses exemples. »

 

Bonne journée en prière avec saint Thomas d’Aquin !

 

Isolde Cambournac, pour Aquinas

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Prier le Notre Père avec saint Thomas d'Aquin