Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel

Bonjour à tous,

 

Nous avons vu hier que les deux premières demandes du Notre père portent sur la fin de la prière qui est la gloire de Dieu et notre participation à cette gloire. Les demandes suivantes portent sur les moyens de parvenir à cette fin.

La troisième et la quatrième demandes portent sur des biens qui nous ordonnent directement à la fin : faire la volonté de Dieu et recevoir le pain qui nous donne la force de le faire.

 

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », troisième demande

 

Dans la troisième demande du Notre Père, nous demandons que Dieu accomplisse en nous sa volonté. La volonté de Dieu est exprimée par les deux premières demandes que nous avons vues hier : que nous reconnaissions sa gloire et sa sainteté et que nous y participions.

 

Saint Thomas d’Aquin précise en trois points en quoi consiste cette volonté de Dieu pour nous, dont notre prière demande la réalisation. Dieu veut :

 

  • Que nous possédions la vie éternelle. Dieu n’a pas créé l’homme pour rien. Il l’a créé pour une fin : la possession de la vie éternelle. C’est cela le salut. Dieu veut pour nous le salut. Cette volonté est déjà accomplie dans les anges et dans les saints. « Mais nous, nous désirons que, comme la volonté divine s’est accomplie dans les Bienheureux qui sont au ciel, elle s’accomplisse aussi en nous, qui sommes sur la terre » ;
  • Que nous observions ses commandements. Les commandements sont les moyens nécessaires à l’obtention de la vie éternelle. Dieu veut pour nous les moyens nécessaires à l’obtention de la vie éternelle, comme le médecin veut pour son patient les remèdes nécessaires à sa santé. L’observation des commandements est accomplie dans les justes, mais pas encore dans les pécheurs. « Ciel » désigne alors les justes et « terre » les pécheurs. Nous demandons donc que la volonté de Dieu soit accomplie dans les pécheurs comme elle l’est dans les justes. Saint Thomas ajoute une précision importante :
Il faut remarquer ceci : Jésus, par la manière même dont il a formulé la troisième demande du Notre Père, nous donne un enseignement. En effet, il ne nous fait pas dire à notre Père : « faites votre volonté », ni non plus : « que nous fassions votre volonté » ; mais il nous fait dire : Que votre volonté soit faite. Deux choses en effet sont nécessaires pour parvenir à la vie éternelle ; à savoir la grâce de Dieu et la volonté de l’homme. Et, bien que Dieu ait fait l’homme sans l’appeler à coopérer avec lui, cependant il ne le justifie pas sans sa coopération. « Celui qui t’a créé sans toi, ne te justifiera pas sans toi », dit saint Augustin, dans son Commentaire sur saint Jean. Dieu, en effet, veut cette coopération de l’homme. Il dit en Zacharie (1, 3) : Convertissez-vous à moi et je me convertirai à vous. Et saint Paul écrit (1 Co 15, 10) : C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce n’a pas été inactive en moi. Ne présumez donc pas de vous-même, mais confiez-vous en la grâce de Dieu, ne renoncez pas à votre effort, mais apportez votre collaboration. C’est pourquoi Jésus ne nous fait pas dire : « Que nous fassions votre volonté », autrement il semblerait que la grâce de Dieu n’a rien à faire. Et il ne nous prescrit pas non plus de dire : « Faites votre volonté », sinon il semblerait que notre volonté et notre effort ne servent à rien. Mais Jésus nous fait dire : Que la volonté de Dieu soit faite, par la grâce de Dieu, à laquelle nous joignons notre travail et notre effort.
  • Que nous soyons rétablis dans l’état et la dignité dans lesquels le premier homme fut créé. L’esprit et l’âme du premier homme ne ressentaient aucune opposition de la part de la chair et de la sensualité. « Aussi longtemps que l’âme fut soumise à Dieu, la chair fut soumise à l’esprit si parfaitement qu’elle n’éprouva ni la corruption de la mort, ni l’altération de la maladie et des autres passions. Mais à partir du moment où l’esprit et l’âme, qui tiennent le milieu entre Dieu et la chair, se rebellèrent contre Dieu par le péché, aussitôt le corps se rebella contre l’âme et il commença à éprouver les infirmités et la mort, et continuellement sa sensibilité se révolta contre l’esprit. » Dieu veut que nous retrouvions l’unité intérieure du premier homme. Cette volonté de Dieu ne sera réalisée qu’à la résurrection des saints. « Ciel » désigne alors notre esprit et « terre » notre chair. Nous demandons donc que la volonté de Dieu se réalise dans notre chair, comme elle se réalise dans notre esprit.

 

Cette troisième demande est associée au don de « science » et à la béatitude : « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ».

 

Méditation du jour : Récitons lentement ces mots « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » en ayant bien conscience que Dieu veut notre bien. Il veut ce qu’il y a de mieux pour nous : notre salut ; que nous prenions les moyens d’y parvenir avec lui ; et que nous retrouvions cette unité intérieure entre notre chair et notre esprit. Nous pouvons répéter plusieurs fois ces mots dans la journée.

 

Achevons notre prière avec l’oraison de la fête de saint Thomas d’Aquin : « Dieu qui as fait de saint Thomas d'Aquin un modèle admirable par sa recherche d'une vie sainte et son amour de la science sacrée, accorde-nous de comprendre ses enseignements et de suivre ses exemples. »

 

Bonne journée en prière avec saint Thomas d’Aquin !

 

Isolde Cambournac, pour Aquinas

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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