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Valeriu Gafencu_2

Chers tous,

Reprennons notre route avec Valeriu Gafenco dont nous raconte toujours Octave Anastasesco :

" Il etait dans une perpetuelle communion avec Dieu. Il etait un homme decharne, tout peau et os. Il etait dans cet etat quand je l'ai connu. Il ne pouvait pas s'allonger sur son lit a cause des ulceres [...] et alors il prenait la position pelotonnee. [...] Je n'ai pas eu peur de sa respiration - et c'est grande chose de t'asseoir aupres de quelqu'un qui est totalement infecte de microbes, de respirer son air. Je n'ai meme pas pense en avoir peur, car si j'avais y pense, j'aurais eu peut-etre une certaine reaction de defense. La voix, la parole et le regard, voila tout ce qui restait de son etre. Quand il te regardait, tu sentais comme un amour de tous les coins du monde, de partout, t'envahissait avec empressement. [...] (op. cit., p. 59-60)

"Sur le don de la clairvoyance que Valeriu avait, je m'en suis rendu compte et dans d'autres situations. Une fois, la nuit de Paques [la premiere nuit, quand une partie de la liturgie se passe en dehors des murs de l'eglise], j'etais avec lui dans la chambre. Il etait allonge dans son lit et je regardais la file des lumieres des fideles qui descendaient, les bougies allumees, du skit de Magura [monastere orthodoxe]. De mon lit, je lui racontais ce que je voyais, lui n'ayant pas la possibilite de regarder ce spectacle. A un certain temps, je me suis ferme. Alors, regardant droit dans mes yeux, il a commence a me decrire ce que moi je continuais de regarder." (op. cit., p. 16).

"Un jour, je lui ai raconte ce que j'avais reve la nuit d'avant. Ce reve etait une repetition d'un reve plus ancien, d'avant mon arrestation. Une nuit avant mon arrestation, je me suis reve dans une eglise. J'ai passe beaucoup de temps regardant les peintures des murs. J'ai essaye ensuite de sortir de l'eglise. Je l'ai contourne de l'interieur, en cherchant une sortie, mais je n'ai trouve aucune porte. C'est dans cet etat que je me suis reveille. Le matin, j'ai raconte le reve a ma mere.

" - Ca c'est de la prison, mon cherie !", dit-elle.

La nuit suivante, vers minuit, j'ai ete arrete. A Targu-Ocna, le reve s'est repete. J'etais dans la meme eglise parce que je reconnaissais les peintures. Je cherchais d'y sortir et cette fois j'ai reussi. Je ne savais comment interpreter le reve, car des signes de liberation ne s'apercevaient guere, plus est, j'avais entendu que dans les jours a venir je serai transporte a un autre endroit avec un groupe qui venait de Pitesti [...] Cette perspective me terrifiait grandement. Je pensais au suicide [Pitesti a ete la prison communiste la plus execrable]. Preoccupe, j'ai raconte a Valeriu le reve [...]
"-N'aie pas peur, frere Octave ! Demain, tu seras libere."

Je suis reste sidere. Je l'ai regarde, en pensant qu'il delire a cause de la temperature. [...] Mais ce qu'il m'a prophetise s'est accompli." (op. cit., p. 17-18).

"Valeriu avait une voix depouillee d'hypocrisie. Pendant qu'il parlait, tout convaincu de la verite qu'il vivait alors, sa voix etait toujours egale. Elle etait une chanson ! Une chanson ! J'ai eu grande chance dans la vie de le connaitre - chance a laquelle je suis arrive par de grandes souffrances, mais pas aussi grandes que celles des autres." (op. cit., p. 63.)

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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