2. Accomplir les oeuvres de Jésus. Se repentir. L'imiter dans Sa miséricorde.

Accomplir les oeuvres de Jésus. Se repentir. L'imiter dans Sa sainteté, Sa compassion, Sa miséricorde.  


Prière

Seigneur Jésus, merci de nous permettre de nous voir tel que nous sommes. Nous Te demandons pardon pour nos péchés. Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison.

Seigneur Jésus, Tu as été ému dans Tes entrailles lorsque tu voyais une foule non instruite des choses de Dieu. Alors Tu prenais du temps pour l'enseigner. Seigneur viens nous enseigner par Ta Parole, les Saintes Ecritures, par notre fréquentation de la messe. Viens Seigneur Jésus.

Père Eternel, nous voulons croire à Ta compassion à Ta miséricorde. Pour la manifester à notre intelligence dans son entièreté, Tu as voulu que dans la langue de Jésus, elle soit comparée à l'action de la matrice de la femme pour son enfant. Par cet organe, Seigneur, la maman protège son enfant, le nourrit. La maman donne à son enfant tout son amour et sa tendresse. Nous Te bénissons pour Ton amour pour nous qui se déploie de la même manière... Prenons encore quelques secondes de silence pour méditer cela.

Saint-Esprit, viens nous illuminer de cette vérité.

Mon Dieu, nous Te rendons grâce de pourvoir à tous nos besoins selon Ta richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » (cf Phil 4, 18-19) 

« Je crie vers le Dieu Très-Haut, le Dieu qui fait tout pour moi. » (Ps 57, 3)

Père, donne-nous ce feu de la miséricorde matricielle. Que nous aussi nous puissions T'imiter, aimer nos proches, nos frères avec cette qualité d'amour et de compassion ! Jésus viens à notre aide ! Saint-Esprit, inspire-nous.

Jésus, inspire-nous des actes d'amour pour répondre à tant de besoins humains. Apprends-nous à aimer vraiment comme Tu nous aimes.

Seigneur Jésus, donne-nous d'être comme toi émus dans nos entrailles devant les personnes dans le deuil, devant celles qui ont subitement perdu un être cher dans une catastrophe naturelle, une inondation, un incendie, un tremblement de terre ou un éboulement. Seigneur viens consoler leurs familles, leurs amis.

Seigneur Jésus, donne-nous d'être comme toi émus dans nos entrailles devant les personnes qui ont vu leur maison être gravement endommagée ou détruite en raison des récentes inondations.

Père, pourvois aux besoins de ces personnes et donne-nous les moyens d'être généreux pour les aider à reconstruire. Que toutes puissent trouver de l'aide, du réconfort, de l'affection à partager et des moyens financiers pour bâtir à nouveau. Merci Seigneur Jésus car Tu entends nos prières.

Seigneur, nous Te prions aussi pour les habitants des continents africains, américains, asiatiques ou australiens qui vivent des catastrophes naturelles, parfois des incendies ou d'autres situations difficiles. Seigneur Tu connais tous ceux qui doivent vivre de façon précaire. Viens Seigneur Jésus les soutenir. Suscite des aides et des donateurs. Viens les inspirer pour qu'ils puissent améliorer leur situation.

Seigneur Jésus, même si nous sommes très pauvres et que nous ne pouvons aider personne pour le moment. Viens à notre secours, donne-nous de quoi vivre nous-mêmes et de quoi aider notre prochain. 

Seigneur Jésus, viens pourvoir à tous nos besoins et nous donner par surcroît pour que nous puissions partager et donner à notre tour. 

Seigneur, encourage-nous à donner à celui qui est dans le besoin, même un tout petit don car à tes yeux il a beaucoup de valeur. Tu as dis qu'une pauvre veuve avait donné plus que tous les autres, qui avaient mis de leur superflu, car elle avait donné de son nécessaire. (cf Mc 12, 43-44)

Seigneur Jésus, Toi qui as dit : « Donnez, et il vous sera donné » (Luc 6 :38), Tu nous invites à faire un premier pas. Tu ne manqueras pas de pourvoir à nos besoins. Merci Seigneur. 

Saint-Esprit, inspire-nous dans nos dons. Montre-nous toutes choses.


La suite de cet article a déjà été publiée dans le « Tiroir homilétique » ou la « Piste homilétique » qui précède, le no 1.

Comment accomplir les oeuvres de Jésus ?  En nous repentant, en l'imitant dans Sa sainteté, Sa compassion et Sa miséricorde.   

1. Il faudra que nous nous repentions, que nous cherchions à devenir saints comme Dieu est saint et que nous ne laissions pas la tentation d'un péché nous distraire en oubliant de rechercher Sa Présence : « Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Mt 4, 17) « Et, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite. » (1 Pi 1, 15) Repentance et sainteté sont les deux ailes de l'oiseau qui lui permet de voler dans la proximité de Dieu.

Selon la tradition de notre Eglise qu'elle soit catholique romaine, protestante, maronite, syro-malabare, syro-malankare, grecque-catholique, évangélique, orthodoxe, anglicane ou encore d'une autre dénomination, entrons dans la repentance. Demandons pardon à Dieu pour nos péchés et recherchons la sainteté.

La vie du Saint Curé d'Ars (1786-1859) est éminemment parlante à ce propos et elle est porteuse de fruits. Il a vu de nombreux miracles. Son désir de servir Dieu et son don d'écoute et de conseils l'ont conduit à confesser des milliers de pèlerins venus pour mettre en ordre leur vie avec Dieu et recevoir l'assurance du pardon. Dans les dernières années de sa vie, il y a une telle affluence à Ars, que le Sacrement de la Réconciliation l'occupait dans des journées de dix-sept heures de confession avec la messe. Ses miracles sont si nombreux et son humilité si grande qu'il détourne toujours la vénération des fidèles à son égard vers Jésus et précise que ce n'est pas par son intercession que les miracles arrivent mais par l'intercession de Sainte Philomène auprès de Jésus.

Aujourd'hui encore le Sacrement de la réconciliation nous attend. Recevoir ce Sacrement, écouter le prêtre, ses conseils si avisés et inspirés nous libérera, nous guérira et nous fera beaucoup de bien.

2.  Il faudra que nous recevions du coeur de Dieu, ce feu de la compassion et de la miséricorde pour le prochain, pour le soulager, l'aimer, le secourir et le guérir. Dans l'Evangile de Marc, juste avant que Jésus ne réalise le miracle de nourrir 5000 hommes en multipliant cinq pains et deux poissons, nous voyons le coeur de Jésus avoir une immense compassion pour la foule : « Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule et fut rempli de compassion pour eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.» (Mc 6, 34)

« καὶ ἐσπλαγχνίσθη ἐπ' αὐτούς, ὅτι ἦσαν ὡς πρόβατα μὴ ἔχοντα ποιμένα » (Mc 6, 34)

« καὶ ἐσπλαγχνίσθη kai esplagchnisthè et il était ému dans ses entrailles ou rempli de compassion.

ἐπ' αὐτούς, ép autous envers eux

ὅτι ἦσαν ὡς πρόβατα oti èssan ôss probata car ils étaient comme des brebis (ou tout autre animal de petite taille qui broute)

μὴ ἔχοντα ποιμένα mè échonta poiména n'ayant pas de berger. » (Mc 6, 34)

Il faut comprendre que la compassion de Jésus, traduit ce même verset par le mot רַחֲמָיו rachamav Sa miséricorde en hébreu. Or ce mot a quelque chose d'extraordinairement féminin et maternel. L'hébreu qui tente de traduire le grec introduit un nouveau concept à partir du mot רֶחֶם rèchèm qui signifie « matrice » et qui ne peut se conjuguer qu'à l'intensif avec le verbe לְרַחֵם lerachèm, preuve qu'exercer la compassion est un acte profond. Le nom רַחֲמִימ rachamim exprime lui aussi la « pitié », la « miséricorde » ou la « compassion ».

Dieu a voulu que la matrice de la maman devienne la métaphore par laquelle nous comprenons mieux la tendresse de Dieu.

L'intimité entre l'enfant à naître et la femme qui le porte va au-delà de ce qu'on peut imaginer. L'amour de la maman pour le fruit de ses entrailles, développe chez la femme un très grand respect de la vie humaine, un attachement à la vie elle-même. Ce n'est nullement un hasard, si de nombreuses femmes deviennent infirmières, éducatrices de la petite enfance, s'occupent de personnes ayant un handicap ou de personnes âgées devenues dépendantes. Il y une vraie compassion, une tendresse qui sont, pourrait-on dire, presque intrinsèque à la femme. En effet, l'union des deux cellules génitrices mâle et femelle ainsi que le développement de l'embryon, du foetus et du bébé à naître se réalisent tous deux de manière intrinsèque au corps de la femme. Il fait mieux réaliser à la femme qu'à l'homme, la mystagogie du don de la vie, soit une capacité à comprendre de l'intérieur et en profondeur, la valeur de la vie humaine et sa dignité. 

Le lien d'amour entre le bébé et sa mère commence dès la conception. Il arrive aussi que ce désir d'enfantement, inscrit dans sa nature de femme, la pousse vers son époux, et cela d'autant plus qu'elle se trouve dans une période de fécondité. Une fois parturiente, la femme réalise que tout ce qu'elle accomplit, elle le fait pour deux. Elle mange pour deux, elle nage pour deux, elle travaille pour deux, elle se repose pour deux... Tout ce que sa matrice réalise pour le bébé à naître, elle le perçoit dans son être entier, l'esprit, l'âme et le corps.

L'amour pour le fruit de ses entrailles grandit, se développe aussi au travers de ce qu'elle rêve pour le plus grand bien de son enfant. C'est ainsi que Marie, fort de ce que l'ange lui avait révélé a déployé son merveilleux amour pour Jésus. Jésus, en tant qu'hériter de cet amour, s'applique lui-même à nous aimer comme Il a été aimé de Marie sa mère. D'ailleurs, chez toute femme, ce lien d'amour se poursuit  encore après la naissance. Ainsi, l'allaitement est un instant de communion et de proximité tout à fait privilégié qui continue pour un temps ce que réalisait la matrice pour le bébé non encore né. Ce que Dieu fait dans le corps de la femme pour l'enfant à naître, voilà ce que notre Dieu veut réaliser pour nous aussi. Voilà ce qu'il veut que nous réalisions pour notre prochain.

Prions pour que beaucoup puissent connaître cette grâce de goûter à la miséricorde de notre Dieu, à Sa bienveillance, à Sa bonté qui pourvoit à tout, qui fait tout pour nous. « J'ai tout reçu, et je suis dans l'abondance; j'ai été comblé de biens... Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » (Phil 4, 18-19) « Je crie vers le Dieu Très-Haut, le Dieu qui fait tout pour moi. » (Ps 57, 3)

Ainsi, Dieu a-t-il ce désir de nous choyer intensément dans ses entrailles de compassion. Une partie de l'identité de notre Père, de Jésus et de l'Esprit-Saint est bel et bien féminine.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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