Pour commencer...

Retraite selon les Exercices de St Ignace - 

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Un point de méthode

Pour faire retraite, Ignace propose un cadre et une méthode, ceux-ci pour « préparer et disposer l'âme (...) à chercher et trouver la volonté divine dans la disposition de sa vie. » (Exercices Spirituels n°1)


Voici quelques points d'attention pour vous aider à entrer dans cette retraite :

LE CADRE "EXTERIEUR"

Vous avez, ou n'avez pas, l'habitude de prier. Les traditions spirituelles nous offrent de nombreuses manières de prier. Pour ces 10 jours, nous vous invitons à prier avec la Parole de Dieu, avec une manière proposée par Ignace de Loyola. Ce n'est qu'une manière… mais comme nous le suggère Ignace, il est bon d'y entrer avec un « cœur large et généreux ». (ES n°5 : « Pour le retraitant, il y a un grand avantage à entreprendre les Exercices avec un cœur large et une grande générosité envers son Créateur et Seigneur. Qu'il lui offre tout son vouloir et toute sa liberté, pour que sa divine Majesté se serve de sa personne et de tout ce qu'il possède, selon sa très sainte volonté »).

Quelques indications concernant le « cadre ».

  • Le lieu

Prenez le temps de choisir le lieu où vous prierez : chez vous, dans une église, dans la nature… Un lieu calme, où vous ne risquez pas d'être dérangé. Un lieu qui porte au silence intérieur, au recueillement. Soignez ce lieu (icône, bougie, Bible…) ; vous devez vous y sentir bien.

  • Le moment et la durée

Pensez aussi au moment où vous allez prier : le matin avant de commencer vos activités habituelles, dans la journée, le soir… Dans la mesure du possible, choisissez un moment que vous pouvez tenir toute la semaine pour que ce temps soit comme un rendez-vous.

Choisir un moment précis permet de vous disposer, de ne pas arriver le nez dans le guidon… Et, dès le matin, de centrer votre journée sur ce rendez-vous avec le Seigneur.

Définissez aussi la durée de votre prière : 20 mn, 30 mn, 45 mn… : à chacun d'apprécier selon son expérience et ce qui est possible.

LE SILENCE

Même si, continuant vos activités, le « bruit » de vos journées demeurera, vous pouvez essayer de créer en vous un espace de silence intérieur pour écouter davantage. Bien sûr pendant les temps de prière, mais aussi dans vos allers et venues, dans ce que vous avez à faire.

Le silence est ordonné à votre désir d'écouter le Seigneur qui vous parle, par l'Ecriture, mais aussi dans tous les moments de votre journée. Ecouter ce que cela produit en vous, comment cela vous rejoint.

SENTIR ET GOUTER

Le but de ces 10 jours n'est pas d'apprendre des choses sur Dieu (il y a des cours ou des lectures pour cela), ni même sur vous-même…

Vous êtes là :

  • Pour vous mettre à l'écoute d'une parole qui vous est adressée personnellement
  • Pour entrer dans une expérience en vous laissant conduire par cette parole accueillie, écoutée, goûtée.
  • Pour « ordonner votre vie », mettre de l'ordre, lui donner une direction dans le mouvement de ce que vous aurez écouté.

Dans la prière il ne s'agit donc pas tant de chercher de nouvelles connaissances, d'engranger un savoir, que de demeurer pour « sentir et goûter les choses intérieurement » (cf. ES n°2 : « Ce n'est pas d'en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l'âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement »).


Dans la prière, c'est à l'intérieur de moi-même, du lieu secret où l'Esprit est présent, que je peux sentir, être touché, affecté par la Parole. Devant tel mot, tel geste, tel événement, tel récit, je peux sentir un élan, une joie, une peine, une résistance… Pour sentir ainsi, il me faut aller en profondeur, ne pas rester à l'extérieur de moi-même. (Cf. St Augustin « tu es plus intérieur à moi-même que moi-même ».)


Sentir et goûter. Ne pas avaler trop vite ! Mais savourer. Tant que je trouve du goût là où je suis – dans ce lieu pour prier, dans cette parole méditée – j'y demeure… comme devant un tableau au Louvre.


Attention, il y a plusieurs sortes de goût ! Tout n'est pas sucré (ou salé pour ceux qui préfèrent !). Il peut y avoir un goût amer, voire acide… Goûter la Parole peut me conduire à être secoué, bousculé. Ne pas craindre de rester là-même où cela résiste, où cela travaille sec…

LA MANIERE DE PRIER

Il y a plusieurs temps pour me disposer à écouter la Parole et sa résonnance en moi :

  • Début de la prière : « Me voici »

J'entre dans la prière (je peux faire le signe de la Croix ou un autre geste qui m'aide à être là, dire une parole). Je demande l'aide du Seigneur pour que ce temps soit une vraie rencontre avec Lui.

J'imagine le lieu où se déroule le récit.

Je demande une grâce : ce que je veux et désire pour ce temps de prière, en fonction du point où j'en suis, de ce qui m'habite, de ce que m'inspire le texte.

  • Cœur de la prière : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute »

Je me rappelle le texte et je m'aide des points donnés. Si un mot, une phrase, une attitude me touchent, je m'arrête, je reste là, et je goûte ; je laisse faire ce 'travail' en moi. Si je suis un peu sec, avec patience je m'arrête sur le sens des mots, j'écoute ce qui se dit, je regarde ce qui se passe, j'entre dans la scène, je l'accueille telle qu'elle est. Et peu à peu, quelque chose peut attirer mon regard et mon cœur... je me laisse rejoindre, interpeler...

  • Fin de la prière

« Comme un ami parle avec son ami ou comme un serviteur à son seigneur », je parle au Seigneur de ce qui m'a touché et de la manière dont cela résonne dans ma vie. J'entre en dialogue avec lui.

Je termine ma prière par un Notre Père (ou une autre prière de l'Eglise, qui dit ma communion avec les autres priants) et je fais un geste pour marquer la fin de ma prière.

RELIRE LA PRIÈRE

Relire pour garder en mémoire ce que j'ai reçu, voir la manière dont le Seigneur me conduit au fil des jours…

Je regarde :

  • Ce qui dépendait de moi : comment m'y suis-je pris ? Préparation, lieu, durée, moment choisi pour prier. Ce qui m'a aidé, ce qui ne m'a pas aidé. Eventuellement, je peux m'ajuster pour la prochaine oraison (changer de lieu, faire plus attention au temps du « me voici »…)
  • Ce qui m'a été donné : qu'est-ce que j'ai reçu : les lumières, les paroles qui ont résonné ; et ce que cela a produit en moi : paix, joie, élan, trouble, résistance…
  • Je prends quelques notes

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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10 jours pour rencontrer Dieu : retraite ignatienne