Notre âme est trop précieuse, osons la vertu !

Dixième du temps ordinaire 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

De la Parole du jour :

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu'un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu'un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d'accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou. »  (Mt 5, 20-26)

Méditation :

Être juste, Seigneur, est une affaire difficile.

Nous sommes parfois dans la situation de l'accusé, parfois dans celle de l'accusateur, ou encore du juge, ou bien même de l'intermédiaire, du témoin.

Être juste est difficile.

Pourtant, pour vivre de ton amour, nous devons vivre dans un environnement juste.

Tu es miséricordieux, et tu pardonnes aux pécheurs.

Néanmoins, il est important de réhabiliter la vertu.

Le danger, il me semble, est le positionnement à prendre. Nous qui aimons notre prochain, qui pardonnons, que devons-nous faire face à un coupable ?

Être juste, au fond, c'est appliquer la loi, tant que cette dernière n'est pas antinomique avec toi.

Si je suis coupable, je dois me dénoncer. C'est très clair. Il n'y a pas d'autre issue que d'assumer ce que l'on a fait jusqu'à en répondre devant les autorités. Il faut donc purger la peine, demander pardon, et faire ce qui est possible pour réparer. Vivre dans le mensonge n'est pas possible. Vivre dans le mensonge, c'est continuer de pécher. Quant à toi, tu ne t'éloignes pas ni des prisonniers ni des criminels, mais tu les aides à se reconstruire.

Si je suis l'accusateur, je dois bien mesurer la conséquence de mes paroles et de mes actes. Je dois me demander si cela est bien à moi d'agir, pour ne pas tomber dans la délation ou la dénonciation arbitraire. Je ne dois pas me contenter de rumeurs mais de faits sûrs et vérifiés. Mais si je sens une menace, particulièrement envers les femmes, les enfants, les personnes âgées, handicapées ou fragiles, si un doute persiste, je dois, sans regret, alerter les services compétents. Il y aura des conséquences difficiles à vivre, mais au moins, le doute sera levé ou confirmé, et les personnes à risque protégés.

Si je suis l'intermédiaire, le témoin, je dois faire attention entre la lâcheté du silence et l'erreur de la fausse parole. Aussi, je dois faire attention à ne pas me trouver manipulé par l'une ou l'autre partie, rester sobre, vigilant, et ne dire que ce qui m'a été donné de savoir.

Si je suis le juge, j'ai l'une des taches les plus difficiles au monde. Nul ne peut comprendre ce que vivent les magistrats qui ont, entre leurs mains, la vie d'un autre. Alors, pour le juge, comment la miséricorde est-elle possible ? Une clémence trop grande peut pousser à la récidive. Une sévérité extrême peut détruire une âme. Le juge doit faire la part entre l'accusation et la défense, et mesurer chaque sanction. Cela n'est pas simple, et il leur faut sans doute beaucoup prier pour arriver à un équilibre.

Tu nous le rappelles, la justice doit se suivre dans la communauté directe qu'est la famille, et plus large qu'est le travail ou la paroisse. La pratique de la correction fraternelle est importante, mais il ne s'agit pas d'harceler untel sur chacun de ses défauts. Il s'agit, lorsque un frere prend de façon visible un chemin dangereux, d'aller le trouver pour, avec douceur, tenter de l'aider à ne pas tomber. Il s'agit aussi d'accepter ce qui ne me fait pas plaisir sur ma façon d'être. C'est un grand travail sur l'orgueil.

Oui, Seigneur, jusqu'au dernier sou je paierai mes actes, et d'une certaine façon, cela me rassure. Mais je sais aussi qu'en cette vie je peux expier de nombreux péchés, par la vertu des dons de ton Esprit, en cherchant à faire le bien, en aimant. La rédemption est bien pour cette vie, même si cela n'est pas à la mode, même si on se fait traiter de rabat-joie. Notre âme est trop précieuse, osons la vertu !

Que ton Nom soit béni, Seigneur, Père, Fils et Saint-Esprit !

Notre Dame , prie pour nous et notre monde.

Amen. 

Frères et sœurs, bien-aimés en Christ, exprimez-vous en commentaires ; ajoutez vos prières, réflexions et méditations, afin que nous puissions échanger dans la paix du Christ !! Je lis chaque jour vos mots, et porte vos intentions dans ma prière.

155611-notre-ame-est-trop-precieuse-osons-la-vertu

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader

Te parler tous les jours, Seigneur !