"Qu'ils deviennent parfaitement un" (Jn 17, 20-26)

"Qu'ils deviennent parfaitement un" (Jn 17, 20-26)

Chant final: "Père, unis nous tous" par Sandrine Kholmann

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :
« Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là,
mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un,
comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.
Qu'ils soient un en nous, eux aussi,
pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée,
pour qu'ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi.
Qu'ils deviennent ainsi parfaitement un,
afin que le monde sache que tu m'as envoyé,
et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
Père,
ceux que tu m'as donnés,
je veux que là où je suis,
ils soient eux aussi avec moi,
et qu'ils contemplent ma gloire,
celle que tu m'as donnée
parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde.
Père juste,
le monde ne t'a pas connu,
mais moi je t'ai connu,
et ceux-ci ont reconnu
que tu m'as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom,
et je le ferai connaître,
pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux,
et que moi aussi, je sois en eux. »

Source : AELF

Méditation Mgr Emmanuel Gobilliard

Aujourd'hui nous recevons cette grande et belle prière de Jésus sur l'unité. Nous la recevons comme un baume, comme une aspiration profonde, mais nous devons aussi la recevoir comme une exigence et constater malheureusement le scandale de notre manque d'unité.

Remarquons que le modèle de toute unité c'est la Trinité, c'est cet amour du Père totalement transmis au Fils. Cet amour lui-même porte un nom, l'Esprit Saint ! Remarquons aussi la diversité des personnes dans la Trinité. La communion implique cette diversité, cette différence. Rien à voir avec une fausse uniformité qui gommerait les différences gênantes ou qui ferait rentrer dans un moule. Enfin cette unité demande, pour qu'elle se réalise l'implication de toute la personne, le don de soi. Le Père est totalement donné, totalement livré au Fils. Le Fils est tout donné, tout livré au Père. Et l'Esprit non plus ne garde rien pour lui. Il reçoit tout du Père et du Fils et il nous le transmet. Il donne tout. Il donne tout au Père et au Fils. Et à la demande du Fils, il nous donne tout.

Nous comprenons mieux pourquoi dans notre Eglise, dans nos Eglises chrétiennes, dans notre monde, l'unité est si imparfaite, si difficile à réaliser. Elle est très exigeante. Elle implique de reconnaitre les légitimes diversités qui sont constitutives de notre unité. Nous ne devons pas être unis malgré nos différences, en dépit de nos différences, mais grâce à elles. Il y a de multiples couleurs dans l'arc en ciel et à elles toutes, elles forment la couleur blanche. S'il en manquait une, il n'y aurait pas le blanc. Dans notre Eglise, s'il manque une personne, ou si une seule personne n'est pas accueillie, est rejetée ou est considérée comme ne pouvant pas appartenir à la communité à cause de ce qu'elle est, cette exclusion elle-même est une grave atteinte à l'unité. L'unité, comme la Trinité nous le montre, elle est aussi dynamique. Elle implique un mouvement, un don, une action. Elle implique une sortie de soi comme dirait le pape François. Tout l'inverse de nos replis sur nous-mêmes, de nos revendications corporatistes, de nos affirmations de nous-mêmes et d'une identité qui serait vécue en opposition aux autres.

L'affirmation d'une culture, d'une différence sont des belles choses, à condition que cette affirmation ne soit pas l'occasion d'un rejet des autres, d'une comparaison. Un des obstacles à l'unité, c'est justement la comparaison. La comparaison de nos vocations, de nos cultures, de nos traditions, de nos façons d'exprimer la foi, surtout lorsqu'elles jugent, et c'est très souvent le cas ! Elles sont un manque de foi. Comment Dieu pourrait-il comparer ses enfants, les classer, en préférer certains. Demandons pardon au Seigneur, dans cette prière du notre Père. Pardon pour nos atteintes à l'unité, pardon pour nos revendications stériles, nos affirmations de nous-mêmes, nos jugements. Oui Seigneur fais que nous te ressemblions, envoie-nous ton Esprit saint, pour que nous apprenions à aimer, à nous donner, à être tout relatifs aux autres.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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