Les miracles de Sainte Anne d'Auray ( 33 )

Les miracles de Sainte Anne d'Auray ( 33 )

On ne connaîtrait pas toute la valeur du miracle dans le Pèlerinage de Sainte-Anne, si l'on n'y voyait qu'un moyen tout-puissant pour attirer les pèlerins et les acheminer vers des dons plus précieux.

              Le miracle est aussi une arme efficace contre les adversaires du surnaturel.

              Les chroniqueurs ont tous eu à déplorer, chacun à son époque, qu'il y eût contre les manifestations de Keranna une hostilité persévérante et déraisonnable.

              Le P. Mathias (1651) s'élève avec indignation contre les libertins qui traitent de « rêveries » les déclarations de Nicolazic : « Parler de miracle dans le temps où nous sommes, dit-il, c'est se rendre ridicule dans la pensée des sages de ce monde ! »

              Le P. Hugues (1657) se plaint des esprits forts qui ne voient dans l'émouvante piété des pèlerins qu'un effet de « l'industrie humaine » et un engouement passager.

              Le P. Kernatoux écrivait une vingtaine d'années après. Or, l'opposition n'avait pas encore désarmé ; elle avait plutôt grandi à mesure que se développait la Dévotion. - Ce qui l'étonne, c'est que la contradiction se rencontre surtout dans les régions circonvoisines ; ce qui l'écœure, c'est la mauvaise foi avec laquelle on rejette de parti pris tous les miracles qui s'y font, et l'acharnement que l'on met à combattre la Dévotion elle-même.

              Comme on le voit, au XVIIe siècle, même dans les milieux croyants, certaines gens éprouvaient quelque peine à s'incliner devant le fait surnaturel de Keranna, et devant les humbles moyens qu'il avait pris pour se faire reconnaître. Et cette opposition, dont nous ne

pouvons guère à distance comprendre l'âpreté, ne disparut qu'avec les générations contemporaines de Nicolazic.

              Après la Révolution, le P. Martin constatait un autre état d'esprit : il se trouvait en présence de l'incrédulité, que nous avait léguée, à l'égard du surnaturel, le siècle précédent.


              A cette hostilité, tous nos historiens opposent le témoignage du Miracle.

              Mais chacun d'eux relève dans les faits miraculeux les circonstances qui lui semblent le plus propres à répondre victorieusement aux adversaires qu'il a devant lui.

              - Que l'on soit tenté, dit te P. Hugues, de ne rien voir de merveilleux dans certaines guérisons, je le comprends : mais ressusciter un mort, cela ne s'expliquera jamais par les seules forces de la nature !

              - Le P. Kernatoux renvoie les contradicteurs aux pièces justificatives, convaincu que bien des préventions tomberaient, si on les consultait de bonne foi.

              - Il est sans doute au pouvoir de la nature d'opérer certaines guérisons, dit à son tour le P. Martin. Mais elle ne pourra jamais en produire dans les conditions exceptionnelles que l'on voit ici : « Guérison instantanée et radicale, à l'instant même où on l'implore, et après avoir épuisé en vain tous les remèdes ... par suite d'une simple invocation, souvent faite par d'autres, et sans que le malade en ait eu connaissance. »


*

* *

A notre époque, les miracles de Sainte-Anne n'ont rien perdu de leur valeur apologétique.

            La science contemporaine, ayant découvert dans la nature des énergies ignorées jusqu'ici, s'imagine posséder maintenant des raisons victorieuses  pour rejeter tous les faits réputés miraculeux : il lui suffira de paraître, croit-elle, pour « exorciser le fantôme du surnaturel... »

A l'encontre de ces prétentions, nous savons que le miracle, de Sainte-Anne n'a pas à redouter cette nouvelle confrontation avec une science impartiale.

Nous nous bornons ici à mettre en lumière certaines particularités que nous avons notées dans les collections authentiques des miracles de sainte Anne, et qui d'avance répondent aux objections que l'on entend de nos jours.


  • - La première chose qui impressionne dans la lecture de ces miracles, c'est leur nombre et leur variété prodigieuse. « On y trouve, depuis l'année 1625 jusque dans l'an 1655, plus de 30morts ressuscités, 27 aveugles illuminés, 25 tant muets que sourds guéris, plus de 50 paralytiques ou estropiés parfaitement remis, 12 délivrés du mal caduc, 22 de diverses infirmités ou maladies incurables, 27 guéris de longues et graves maladies, 18 femmes stériles devenues mères, 27 guéris de plaies et blessures dangereuses, environ 40 sauvés ou préservés de naufrage ou de captivité. Enfin une infinité sont guéris de diverses maladies ou délivrés de divers dangers ... ». - Si une vérité est d'autant plus scientifiquement établie qu'elle s'appuie sur des faits plus variés et plus nombreux ; nul ne pourra contester que cette exigence ne soit ici entièrement satisfaite.


  • - Un autre caractère auquel on attache une particulière importance, c'est l'instantanéité de la guérison. Le Dr Le Bec déclare, en parlant des cures miraculeuses de Lourdes, que « toutes ces guérisons sortent de l'orbite des lois physiologiques, certaines au moins sur un point capital ; elles se sont passé d'un facteur dont la médecine ni la chimie ne peuvent jamais faire abstraction dans les cures les plus magnifiques : le facteur Temps ». Cette instantanéité que l'on constate à Lourdes, on la constate également à Sainte Anne d'Auray : c'est presque à chaque page des procès-verbaux que l'on peut recueillir ces expressions : aussitôt, en même temps, à l'instant, tout à l'heure, sur l'heure, le vœu ne fut pas plutôt fait que…, dès le moment qu'il fit le vœu, etc… »
  •  
  • – Il paraîtrait, s'il en faut croire une psychologie qui a été quelques temps à la mode, que la suggestion suffit à expliquer certaines guérisons.

Nous n'ignorons pas que la médecine peut opérer des cures importantes en agissant sur l'imagination des malades. Mais nous affirmons aussi qu'il n'y a ici dans les procès-verbaux aucun cas qui puisse s'expliquer par ces procédés cliniques. Et comment pourrait-on suggestionner en particulier des enfants sans raison, des malades sans connaissance, les éléments de la nature ?


  •  - Il y a une particularité de la guérison, tout au moins, que l'a suggestion n'explique pas, c'est la durée. Elle obtient parfois des améliorations momentanées, mais pas de guérisons définitives. Le contrôle qui a été fait par les commissions d'enquête a permis de constater ici au contraire, que la santé obtenue miraculeusement a persisté dans tous les cas. Il n'a qu'une exception : il arrive parfois que, le miraculé n'ayant pas rempli les obligations de son vœu, le mal réapparaît ou s'aggrave.

            Toutes ces particularités, que nous signalons ici sommairement, ont d'autant plus de force qu'elles n'ont pas été dictées aux témoins pour les besoins de la cause. La plupart de ces témoins étaient des gens du peuple ; uniquement préoccupés de raconter ce qu'ils avaient vu, et qui, dans leur sincérité même, notaient spontanément et sans calcul, les vraies caractéristiques de l'intervention surnature.

            Le miracle de Sainte-Anne d'Auray au XVIIe siècle, comme celui de Lourdes à notre époque, porte avec lui, aux regards de tout juge impartial, son certificat d'origine, impossible à méconnaître.

 A suivre :  

Une demande ou un merci : je choisi mes neuvaines



150171-les-miracles-de-sainte-anne-d-auray-32

150169-les-miracles-de-sainte-anne-d-auray-32


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

4 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader

Honorer et prier Ste Anne !