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Voulez-vous prier pour quelqu'un ?

Dieu vous exaucera en peu de temps

Dieu vous exaucera en peu de temps

Les voyants de l'apparition de Notre Dame à Pontmain.

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            MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS MON FILS SE LAISSE TOUCHER. C'est le message silencieux et plein d'Espérance que Notre Dame nous a communiqué à Pontmain il y a 150 ans.  

            En plus du texte de notre dernière publication, (lien https://hozana.org/publication/108044-mais-priez-mes-enfants-mon-fils-se-laisse-toucher  en chapitre VII  )  marquons cet anniversaire en lisant le récit du père Henri-Michel Ledauphin, curé de Pontmain, oblat d'honneur de Marie Immaculé, mort en 2016 le jour anniversaire de ses 70 ans de sacerdoce. (1600 mots)

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            Pontmain, le 17 janvier 1871. Une journée qui commence comme les autres. Ce matin, l'église était remplie de fidèles, comme les autres jours. Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial « à fendre les pierres ». Vers midi et demi, la terre a tremblé ; ce qui a fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée. C'est la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre dernier, 38 jeunes de la paroisse sont partis à la guerre et l'on est sans nouvelles. On vit dans l'angoisse et dans la peur.

            Et puis il y a cette épidémie de typhoïde qui commence à reprendre. Malgré tout, on prie avec ferveur car il en est ainsi à Pontmain. Depuis l'arrivée de notre curé, l'abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours. Ce soir, deux enfants, Eugène et Joseph Barbedette, aident leur père, dans la grange, à piler les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit est tombée. Il est environ 5 h ½. (17H30) Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu'elle a pu glaner un peu plus loin, près des fuyards de l'armée de la Loire en déroute.

            Eugène profite de l'arrêt du travail pour sortir à la porte pour voir le temps. Et voilà que tout à coup, en plein ciel, au dessus de la maison d'en face, il voit une ‘Belle Dame' qui tend les bras comme dans un geste d'accueil et qui lui sourit. Elle est vêtue d'une robe bleue semée d'étoiles d'or (comme la voûte de l'église peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d'une couronne d'or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d'or. Elle est au milieu d'un triangle formé de trois grosses étoiles.

            La Belle Dame sourit à l'enfant. Ce sourire sera le seul dialogue car, de toute l'apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot .Le jeune frère Joseph, venu à la porte, voit lui aussi la ‘Belle Dame' tandis que les grandes personnes ne voient rien, sinon les trois étoiles. Victoire, leur mère, ne verra rien non plus, malgré qu'elle soit retournée à la maison chercher ses lunettes. Elle se rend à l'école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l'école et en revient avec une autre sœur, Marie-Edouard, et trois petites pensionnaires.

            A leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé s'écrient : « Oh ! La belle Dame ! Qu'elle est belle ! » Et la décrivent à leur tour. Sœur Marie-Edouard s'en va prévenir monsieur le curé tandis que sœur Vitaline commence à prier avec les gens qui accourent de plus en plus nombreux. « Monsieur le curé, dit sœur Marie-Edouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : les enfants voient la Sainte Vierge ! » Le curé, saisi par la surprise, répond : « Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur ! » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervient : « Faut aller voir, monsieur le curé ! »

            Et elle allume la lanterne pour sortir dans la nuit. Lorsqu'il arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l'on avait séparés pour éviter qu'ils puissent communiquer entre eux, s'écrient : « V'là d'qué qui s'fait ! » (Voilà quelque chose qui se fait) et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l'intérieur quatre bobèches sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l'abbé Guérin allumait sur l'autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854, à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l'endroit du cœur.

            Et puis voilà que l'attention se relâche. On commence à parler, à discuter. La Belle Dame devient triste : « V'là qu'elle tombe en humilité » dit Eugène. « Prions ! » ajoute monsieur le curé. Sœur Marie-Edouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L'ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d'elle. « C'est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu'elle est belle ! »

            Après le chapelet, on chante le Magnificat. Au début du chant, les enfants s'écrient : « V'là cor'de qué qui s'fait » (voilà encore quelque chose qui se fait). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l'ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s'écrire, en majuscule, couleur d'or. « C'est un M » – « Un A » – « un I » – « un S ». Le mot MAIS qui va rester tout seul jusqu'au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d'Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». Le mot PRIEZ vient s'écrire alors après MAIS.

            Le message continue de s'écrire lettres après lettres. A la fin des litanies que l'on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point : MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS. Au début de l'Inviolata (: Hymne à la vierge Marie) qui va suivre, des lettres commencent une seconde ligne : MON. Au moment où l'on chante « O Mater alma Christi carissima », le mot FILS vient s'écrire à la suite. « MON FILS » lisent les enfants.

            Alors c'est un cri de joie général : « C'est Elle ! C'est bien Elle ! C'est la Sainte Vierge ! » Jusque là, on pensait que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en est sûr. C'est bien écrit : MON FILS. Pendant que l'on termine l'Inviolata et que l'on chante le Salve Regina, le message continue et se termine MON FILS SE LAISSE TOUCHER. Il n'y a pas de point final mais cette deuxième ligne est soulignée par un gros trait d'or comme les lettres.

             « Chantons notre cantique à Marie » dit alors M. le curé ; et les paroles s'élèvent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l'avait chanté la gorge serrée : « Mère de l'Espérance dont le nom est si doux, Protégez notre France. Priez, priez pour nous. » Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau « couleur du temps » passe et efface la banderole et le message. Suit un autre cantique « Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo ». (Pardonnez Seigneur, pardonnez à votre peuple). Les enfants, joyeux jusque là, deviennent subitement tout tristes. C'est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste.

            Elle ne pleure pas, mais un frémissement au coin des lèvres marque l'intensité de sa douleur. C'est alors qu'une croix d'un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d'un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : JESUS CHRIST. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu'une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l'ovale avant d'aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent. Puis sœur Marie-Edouard chante l'Ave Maris Stella*. Le crucifix rouge disparaît et la Vierge reprend l'attitude du début. Le sourire « un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 8 h ½.

* Ave Maris Stella est une hymne catholique à la Vierge Marie, qui appartient au répertoire grégorien. Son titre latin signifie « Salut étoile de la mer »

            « Mes chers amis, dit M. le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se met à genoux, là où il est, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui ont voulu s'abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commence la prière : « Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le. » Au moment de l'examen de conscience, les enfants signalent la présence d'un voile blanc qui vient d'apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux.

            Le voile arrive à hauteur de la couronne, s'arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l'ovale, les bougies et les trois étoiles. « Voyez-vous encore ? » Demande M. le curé. « Non, M. le curé, tout a disparu, c'est tout fini ! ». Il est près de 9 h. (21H) Le 26 janvier, l'armistice est signé avec la Prusse (dont le roi a été proclamé empereur allemand). Les habitants de Pontmain et des alentours y voient une grâce de l'apparition, d'autant plus que les Prussiens ne sont pas entrés à Laval. Les pèlerins affluent alors à Pontmain.

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            Retenons 2 messages dans ce récit : (700 mots)

            D'abord la place du prêtre : Notre Dame n'intervient dans ses attitudes ou dans l'écriture de la banderole, que lorsque l'abbé Guérin est sur place. C'est lui qui indique les chants vers la Vierge. C'est lorsqu'il termine la prière du soir que l'apparition s'arrête.

            Ensuite ce point central de l'apparition : Le cardinal Suhard, archevêque de Paris, affirma lors du 75ième anniversaire de Pontmain : « L'objet premier, central du message de Pontmain, c'est la présentation par la Vierge du crucifix sanglant ». Il précisa qu'il tenait personnellement cette affirmation de trois au moins des heureux voyants.

            Le crucifix de Pontmain se montre à nous avec les deux teintes du sang humain : sang artériel ou clair sur la croix, sang veineux ou sombre sur le Christ. Que signifie ce double symbole ? L'arbre de la croix représente l'arbre du péché au Paradis terrestre ; en le couvrant, le sang de Jésus le purifie et lui donne la teinte de sang rouge vif, tandis qu'au contraire le corps de Notre-Seigneur, couvert de nos péchés en tant que victime, est inondé de sang veineux ou souillé, car comme le dit saint Paul, « le Christ s'est fait péché pour nous » (2 Co 5, 21) afin de nous racheter de la malédiction qui pesait sur nos têtes.

            Sur un écriteau blanc, au-dessus de la croix, resplendit en entier et en lettres de sang artériel le nom trois fois saint de Jésus-Christ, nom dont la signification plénière est que Notre-Seigneur est sauveur, prophète, prêtre et roi. Ainsi Notre-Dame nous présente son divin Fils comme sauveur, comme roi, mais aussi comme modèle. Notre-Dame nous présente d'abord Jésus comme sauveur, et sauveur par le sacrifice de la croix. L'Incarnation est ordonnée à la Rédemption. Si Notre-Seigneur a voulu s'incarner, c'est pour nous sauver et il nous a sauvés par la croix. Ainsi, l'image qui fixe le mieux son souvenir comme sa mission aux yeux de toutes les générations est le crucifix. Voilà pourquoi la Vierge de Pontmain nous montre avant tout un sauveur à travers Jésus crucifié et elle nous rappelle qu' « il n'y a de salut en aucun autre » (Ac 4, 12). Toutes les grâces, tous les pardons divins ne sont accordés aux hommes qu'en raison du sang versé par Notre-Seigneur sur la croix.

            Comme le disait Mgr Picaud (Evêque auxiliaire de Vannes à ce moment) le 17 janvier 1926 à Pontmain : « À chaque messe qui se célèbre, à chaque hostie qui s'élève, la croix se dresse à nouveau sur le monde, le sang divin coule dans les calices ; et c'est parce que Dieu ne voit en quelque sorte le monde qu'à travers le sang de son Fils qu'il retient les foudres de sa justice irritée par les crimes innombrables de l'humanité. » (Sœur Lucie n'a pas encore parlé des apparitions de l'Ange que Mgr Picaud utilise les mêmes termes ‘' Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu." )

            Pendant que la foule chante, le ''Parce Domine'' la sainte Vierge a les yeux baissés vers son divin Fils qu'elle présente aux enfants ; ses lèvres remuent ; elle paraît s'unir au chant de pardon des assistants. L'expression de sa tristesse est impossible à rendre. Joseph Barbedette, l'un des voyants, a déclaré : « J'ai vu ma mère abîmée dans la douleur lorsque, quelques mois plus tard, mon père fut frappé par la mort. On sait ce qu'un tel spectacle dit au cœur d'un enfant ! Et pourtant, je m'en souviens, la tristesse de ma mère ne me parut rien en comparaison de la tristesse de la très sainte Vierge qui me revenait naturellement à l'esprit. C'était bien la Mère de Jésus au pied de la croix de son Fils. » Ici, la sainte Vierge se révèle comme Notre-Dame de Compassion. Elle incline la croix vers nous pour susciter notre repentir.

                        Le Père Joseph Barbedette, oblat de Marie-Immaculé, l'un des voyants, rappelait souvent : « Notre Dame de Pontmain tenait le crucifix sanglant à pleines mains, penché sur nous, comme si elle avait voulu nous dire : “Prenez-le, la France dans ses malheurs, doit se cramponner au crucifix sanglant.” »

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            Ce que sont devenus les petits voyants 

            Eugène Barbedette devient prêtre et est ordonné en 1883. Curé dans plusieurs paroisses du diocèse de Laval, il a laissé le souvenir d'un prêtre « droit, zélé, fervent et intransigeant ». Il meurt le 2 mai 1927. Joseph Barbedette désire devenir missionnaire et entre chez les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Il est ordonné prêtre en 1884. Il meurt le 3 novembre 1930. Françoise Richerest est une âme profondément chrétienne, accomplissant simplement sa tâche de chaque jour « pour faire plaisir au Bon Dieu et à la Bonne Vierge » .Elle gagne sa vie comme domestique, puis comme institutrice dans plusieurs petites écoles de campagne. Vers 1900, elle devient gouvernante de l'abbé Eugène Barbedette. Elle meurt le 28 mars 1915. Jeanne-Marie Lebossé, orpheline de père et ayant sa mère paralysée, est recueillie par sa tante Sœur Timothée, directrice de l'école de Pontmain. En 1881, elle entre chez les Sœurs de la Sainte Famille de Bordeaux. Pendant dix ans, elle sera paralysée, et en mars 1933 elle sera réduite à une impuissance absolue. Elle meurt le 12 décembre 1933.

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            Vous trouverez d'autres détails dans la publication de l'an dernier avec le lien  https://hozana.org/publication/70831-mais-priez-mes-enfants-mon-fils-se-laisse-toucher  d'où est extrait cette prière du propre de la messe du jour dans certaines paroisses ‘' ' Dieu qui par la merveilleuse protection de la bienheureuse Vierge Marie avez daigné d'une manière extraordinaire affermir notre espérance, accordez-nous dans votre bonté, la persévérance dans la prière selon ses exhortations, pour que soit exaucées nos suppliques ferventes.''

            La persévérance dans la prière pour que ‘'Mon Fils se laisse toucher'' nous a dit Notre Dame à Pontmain : Alors persévérons dans notre chapelet quotidien et continuons notre dévotion réparatrice envers le Cœur Immaculé de Marie


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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