O Jésus-Christ … si tu m'accordes la victoire, je me ferai baptiser.

O Jésus-Christ … si tu m'accordes la victoire,  je me ferai baptiser.

        Vitrail cathédrale de Chartres 

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             Le titre de cette publication, dans le cadre du jubilé pour le centenaire de la consécration de la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, est extrait du chapitre II de Grégoire de Tours ‘'Histoire des Francs''. Nous avons voulu placer le développement du baptême de Clovis, cet acte fondateur du royaume de France, un dimanche, jour que Notre Dame, à la Salette, en France, a dit s'être réservé. ‘Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l'accorder. ‘'

            Clovis, roi des Francs, est en grande difficulté dans la bataille de Tolbiac ; c'est alors qu'il invoque le Dieu de son épouse, Clotilde, en des termes que 80 ans plus tard, Grégoire de Tours a rapportés.  (Tolbiac est un petit bourg du nom de Zülpich dans la région de Cologne. Son nom est celui de la forteresse romaine ‘'Tulpiacum''  qui deviendra Tolbiac.)

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   I   Rappel de la nécessité, pour un catholique, d'assister à la messe  (500 mots)

             Avant de citer le texte de cet évêque de Tours, en ce dimanche ou la messe, est de nouveau plus largement autorisée en France, rappelons la nécessité d'assister physiquement à la messe. Elle est la source de toutes les grâces dont notre âme a besoin et surtout, Dieu, en tant que créateur, a un droit absolu et intangible à être honoré par ses créatures, dont les sociétés font partie. C'est le premier des commandements.

            Léon XIII disait : « C'est le plus grand et le plus saint de tous les devoirs, celui qui ordonne à l'homme de rendre à Dieu un culte de piété et de religion. Ce n'est qu'une conséquence de ce fait que nous sommes perpétuellement sous la dépendance de Dieu, gouvernés par sa Providence, et que, sorti de Lui, nous devons retourner à Lui. »

            « La réunion des hommes sociétés est l'œuvre de la volonté de Dieu (…) C'est pourquoi la société civile, en tant que société, doit nécessairement reconnaître Dieu comme son principe et son auteur et, par conséquent, rendre à sa puissance et à son autorité l'hommage de son culte. » 

            En raison de ce droit divin, les hommes ont le devoir, et donc reçoivent le droit d'exercer ce culte du vrai Dieu en privé comment public. (Le vrai Dieu est celui défini par la prière du Credo que nous récitons en premier lors de notre chapelet quotidien)

            Et précisément, le sacrifice de la Messe est l'acte du culte par excellence. Il est le renouvellement du sacrifice unique de Jésus-Christ sur la croix, l'acte parfait et nécessaire par lequel les hommes rendent à Dieu tout honneur et toute gloire, particulièrement le dimanche, en corps constitué.

Les différents ‘'Biens de l'homme''

            Il existe dans la nature même de l'homme une hiérarchie des biens :

•          Les biens extérieurs (les richesses…)

•          Les biens corporels (la santé…)

•          Les biens de l'âme (la connaissance, l'amitié, l'honneur, la réputation…)

•          Et enfin les biens surnaturels (la sainteté ou union surnaturelle à Dieu).

            Le bien supérieur de l'homme est la vie surnaturelle, l'union à Dieu. Or c'est premièrement la Messe qui communique cette vie surnaturelle et réalise l'union à Dieu. Elle est la source de toutes les grâces que nous recevons quotidiennement. C'est au cours de la messe que se réalise ce signe sensible par la consécration séparée du pain et du vin, devenant le Corps et le Sang du Christ, que le Christ Lui-même a institué. Cette consécration séparée est ce signe sensible qui procure la grâce et nous complétons cette grâce en recevant physiquement l'hostie consacrée qui est ce Corps, Sang, Âme et divinité de Jésus Christ, en communiant, comme l'Ange de Fatima l'a rappelé lors de sa dernière apparition. Ce signe sensible n'est pas un symbole imaginé par les hommes ;  il ne donne pas ses grâces à travers des moyens modernes de communication. Il faut y être présent. C'est comme pour la confession: Il n'y a pas de confession par téléphone; on ne reçoit l'absolution du prêtre qu'en étant à coté de lui !

            C'est pourquoi il est si nécessaire à l'homme d'assister à la Messe. C'est le premier droit de l'homme c'est aussi son premier devoir.

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      II   Origine de l'acte fondateur du royaume de France  (1000 mots)

            Le texte complet de l'invocation de Clovis rapportée par Grégoire de Tours est ainsi rédigé : « Ô Jésus-Christ, que Clotilde affirme Fils du Dieu Vivant, toi qui donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite avec dévotion la gloire de ton assistance : si tu m'accordes la victoire sur ces ennemis, et si j'expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir prouvé qu'elle venait de toi, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom. J'ai en effet invoqué mes dieux, et, comme j'en fais l'expérience, ils se sont abstenus de m'aider ; ce qui me fait croire qu'ils ne sont doués d'aucune puissance ; eux qui ne viennent pas au secours de ceux qui les servent. C'est toi que j'invoque maintenant, je désire croire en toi ; pourvu que je sois arraché à mes adversaires ».

            En organisant le mariage de Clovis et de Clotilde, 4 ans avant cette bataille à Tolbiac, Dieu commençait à réaliser son plan en deux phases, pour les nations de la terre et son Eglise. Il se choisissait un peuple pour défendre son Eglise au moment où l'empire romain disparaissait et faisait en sorte que l'hérésie de l'arianisme s'éteigne peu à peu, grâce aux conquêtes de ce peuple devenu chrétien mais non affecté par l'arianisme qui avait envahi toute l'Eglise. (Le père Calmels en 1966, en évoquant la vie de Ste Clotilde,  précisa : Les ariens, principalement, ne vénéraient pas en Marie la véritable Mère de Dieu ; Pour eux, Jésus-Christ n'était pas consubstantiel au Père. Le célibat n'était pas demandé pour les prêtres) Sainte Clotilde est représentée aux pieds du Sacré-Cœur dans la grande mosaïque au-dessus du chœur dans la basilique de Montmartre. Elle tient une couronne, comme le montre le détail ci-dessous extrait de l'image de notre avant-dernière publication. 


            Clotilde était la fille du roi Chilpéric de Bourgogne. Sa mère Caréténe était catholique et à la mort de son mari, Carétene s'installa à Genève. Clotilde, jeune fille forte par sa douceur, sa patience et sa fermeté dans la foi, fut demandée en mariage par Clovis qui s'engagea à ce que leurs enfants soient baptisés. Le premier enfant, appelé Ingomir, décède peu après son baptême. ‘' Si l'enfant avait été voué à mes dieux, il aurait vécu certainement …….'' Un second Fils, Clodomir, fut aussi baptisé et commença à être malade ‘' Il ne peut pas lui arriver autre chose que ce qui est arrivé à son frère, baptisé au nom de votre Christ, il mourra bientôt ‘' mais grâce aux prières de sa mère, il guérit sur l'ordre de Dieu nous dit saint Grégoire de Tours dans son livre II. Clotilde s'efforçait de convaincre son mari de se faire baptiser, lui qui ne mettait sa confiance que dans des dieux sculptés dans le bois ou la pierre et dont les vies n'étaient que turpitudes. Elle lui exposait le Dieu auquel elle croyait et qui avait créé le ciel et la terre à partir de rien. Saint Rémi, qu'il appréciait, lui tenait des propos analogues. Quelques années avant, Clovis avait voulu rendre à l'évêque un vase auquel ce dernier tenait beaucoup et qui avait été pris comme butin après la bataille de Soisson, dans une église de son évêché. Lors du partage du butin, Clovis demanda ce vase en plus de sa part normal de butin. Un de ses soldats refusa cette faveur et détruisit cet objet. St Grégoire nous dit que Clovis ‘'garda sa blessure cachée dans son cœur'' lorsqu'il reconnut plus tard ce soldat dont la tenue n'était pas exemplaire, lui fit subir le même sort qu'au vase en lui disant : ‘' Sic, inquid, tu Sexonas in urceo illo fecisti : Ainsi as-tu fait au vase à Soissons ‘'  C'est à la suite de cette bataille près de Soisson que Clovis avait dans ses rangs des Gallo-Romains, presque tous chrétiens qui se mêlaient à ses Francs, encore fidèle à leurs divinités. De l'issue de la bataille de Tolbiac dépendait l'avenir du peuple Francs ou celui des Alaments. Ces derniers cherchaient à rejoindre leurs frères d'armes établis entre le Rhin et les Vosges. Ils étaient environ 3 fois plus nombreux. C'est au moment où Clovis commençait à voir la victoire lui échapper, car de nouveaux renforts arrivaient sans cesse chez l'adversaire, qu'il se souvint des recommandations insistantes de son épouse (qui priait pour sa conversion depuis son mariage avec lui) et invoqua d'un cri puissant ce Dieu de Clotilde en des termes sûrement plus brefs que ne les rapporte St Grégoire de Tours. ‘'Les Francs s'en étonnent, et les chrétiens y répondent avec bonheur'' nous dit l'abbé Klein dans son livre : « Clovis fondateur de la monarchie française (1896) »Le chef des Alaments est tué, les troupes se débandent. ‘'Epargnez-nous ‘' crièrent-ils aux vainqueurs qui arrêtèrent alors le combat.

            Apres avoir reçu la soumission des peuples vaincus, il se rendit à Reims où il dit à son épouse : ‘' Clovis a vaincu les Alaments, mais vous avez vaincu Clovis''. Clovis eut le souci de convertir le peuple dont il était roi. St Grégoire de Tours nous rapporte leur proclamation à l'annonce du souhait de Clovis de les voir se convertir comme lui : ‘'Les dieux mortels, nous les rejetons, pieux roi, et c'est le Dieu immortel que prêche Rémi que nous sommes prêts à suivre. » Lors de sa formation avant son baptême, l'enthousiasme naïf de Clovis, en entendant le récit de la Passion du Christ lui fit s'écrier : ‘' Oh, que n'étais-je la avec mes Francs pour le sauver ‘'  

            Alors que la population gallo-romaine était chrétienne et le pays divisé politiquement entre un certain nombre de princes barbares professant l'hérésie aryenne, Saint Rémi, saint Avit, l'ardente prière de Sainte Clotilde et la clairvoyance de Clovis, rassemblèrent toute la Gaule et ses évêques autour du prince baptisé. Ainsi naissait une nation marquée du signe de la vocation catholique. Dans l'Occident chrétien, la papauté trouvait son point d'appui temporel et la civilisation, si fortement pénétré au Moyen Âge de l'action des Francs, prenaient un nouvel essor. Une victoire si providentielle, suivi d'un effet aussi grand constituait à coup sûr un des éléments caractéristiques de la politique divine.

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    III  La mission de la France   (700 mots)

            Saint Avit, évêque de Vienne, sujet du roi arien Gondebaud, quelques jours après le baptême de Clovis lui écrivit une lettre dont la conclusion trace la mission de la France. ‘'…..Il y a il y a une seule chose que nous voudrions voir s'amplifier : C'est le fait, puisque Dieu, par vous, fera totalement sien votre peuple, que les peuples plus éloignés aussi, qui demeurent encore dans une ignorance naturelle et qu'aucun germe de mauvais dogmes n'a corrompus, reçoivent désormais DE VOUS les semences de la foi, prisent au bon trésor de votre cœur. Ne soyez pas honteux, ni paresseux, de construire le royaume de Dieu, lui qui a tant élevé le vôtre, même en envoyant des ambassades pour cela.''

            Avant sa mort St Rémi, inspiré, fit des prophéties dans son testament pour confirmer le rôle attribué par Dieu à la France. Voici quelques très courts extraits du célèbre ‘'grand testament'', document rapporté par le chanoine Flodard du diocèse de Reims (894-966). L'évêque définit d'abord ce que doivent faire les rois des Francs ; En cas de manquement, il y aura des remontrances de la part des évêques de Reims, de plus en plus importantes. Si n'y a pas de correction, la malédiction finale sera'' Que ses jours soient abrégés et qu'un autre reçoive l'autorité ‘',       Pour les bénédictions, voici le final : ‘'       qu'aux bénédictions que le Saint Esprit a versées par main sur la tête de son chef, (Clovis) le même Esprit Saint joigne d'autres bénédictions plus abondantes, et que de lui sortent des rois et des empereurs qui, pour le présent et pour l'avenir, selon la volonté du Seigneur, confirmés dans la vérité et la justice pour l'extension de la Sainte Eglise, puisse CONSERVER le royaume et en reculer chaque jour les limites ; puisse-t-il être élevé aussi sur le trône dans la maison de David, c'est-à-dire dans la Jérusalem céleste, pour y régner éternellement avec le Seigneur. Ainsi soit-il ''    La mission divine de la France est donc d'être ‘'missionnaire'' et ‘'protectrice de l'Eglise''.

            Peu de siècles plus tard, Charlemagne le reprécisera en disant dans son Testament : ‘'Au nom du Christ, moi, Charles, je m'engage devant Dieu et son apôtre Pierre à protéger et défendre cette Sainte Eglise romaine, moyennant l'aide d'en haut, autant que je saurai et pourrai''

            Nous avons vu hier comment Dieu rétablit par le miracle de Jeanne la royauté en France, après un premier avertissement des sanctions divines suite à l'atteinte portée par le roi de France, Philippe le Bel contre le chef de son Eglise. Nous verrons demain comment à 2 autres reprises le déroulement de l'histoire de la royauté en France correspond à la réalisation de cette prophétie.

            La France doit sa naissance à la réception d'un sacrement. Le baptistère de Reims est son berceau. Pour les contemporains, la cérémonie du baptême du roi se confondit avec ce qui fut plus tard la cérémonie du sacre. Ce fut pendant un temps la coutume en Gaule de donner la confirmation immédiatement après le baptême et, lorsqu'il s'agit du roi des Francs, l'événement fut conçu aussitôt comme un fait national tant par le peuple que par l'Eglise : toute la Gaule franque fut tenue pour baptisée et confirmée dans le Christ.

            Le baptême de Reims a donc une valeur à la fois religieuse et politique que nous ne comprenons que si difficilement à notre époque, parce que nos tendances rationalistes nous ont fait perdre la foi en la possibilité de rapports particuliers entre Dieu et un peuple. Elles ont voilé en nous le sens du surnaturel. Mais le prince qui fut oint en cette fête de Noël 496 avec le baume de la sainte ampoule, considérée par les siècles suivants comme apportée du ciel et que l'église mentionne ainsi dans les prières du sacre de Reims, n'en reçut pas moins ce jour-là une royauté à laquelle le monde catholique attacha, la valeur sacramentelle qui rejaillissait sur elle du « sacrement de l'onction ». C'est la valeur de ce sacrement que Dieu voulut nous rappeler par le miracle de Jeanne d'Arc et que les ennemis de Dieu Trinitaire ont bien compris en mettant fin à l'alliance du Trône et de l'Autel.

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            Litanies du Sacré-Cœur  (Suite)

Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté, ayez pitié de nous

Cœur de Jésus, qui avez expié, nos péchés, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, saturé d'injures, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, broyé à cause de nos péchés, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, obéissant jusqu'à la mort, ayez pitié de nous.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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