« Sa langue se délia »

« Sa langue se délia »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli# le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient l'appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s'appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. (Lc 1, 57-66)

La grandeur de Jean Baptiste 

Le Maître dit de Jean Baptiste aux foules : « Parmi les enfants des hommes nul n'a été plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11, 11). Cette grandeur n'est pas une simple grandeur humaine. Ce n'est pas une de ces supériorités naturelles auxquelles le monde – et même parfois les âmes religieuses – attachent beaucoup trop d'importance, grandeurs d'un jour, plus ou moins factices, souvent seulement factices et, même quand elles sont réelles, toujours inférieures, très inférieures. De la grandeur de Jean Baptiste, l'ange dit expressément : « Il sera grand devant le Seigneur ». Sa grandeur sera la grandeur qui peut soutenir le regard du Dieu de vérité et qui ne redoute pas sa lumière. Notre Seigneur précise et renchérit : « Qu'êtes-vous allés voir au désert, dit-il de lui aux Juifs ? Est-ce un roseau agité par le vent ? », c'est-à-dire un homme qui est à la merci des mouvements si capricieux de l'opinion humaine ? (Mt 11, 7) Non ? Vous êtes allés voir un prophète, c'est-à-dire un homme de Dieu qui voit tout et tous dans la lumière divine, qui apprécie tout et tous dans le rapport avec la gloire de Dieu. Toute la vie de Jean Baptiste a eu ce caractère : un écoulement, un mouvement plein, total, simple et uni où toutes les gouttelettes de vie vont au terme aimé qui les attire, en chantant sa grandeur et en reflétant ses traits. Or ce terme était en lui, au plus profond de son âme. C'est là qu'il s'est tenu.


Augustin Guillerand, o.car.

Dom Augustin Guillerand († 1945), chartreux, a laissé un admirable commentaire de l'Évangile de Jean. / Vivantes clartés, Paris, Parole et Silence, 2002, p. 113—115 .116-117.


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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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