Facebook PixelA l'âge de 3 ans, Marie est présentée au temple de Jérusalem. - Hozana

A l'âge de 3 ans, Marie est présentée au temple de Jérusalem.

A l'âge de 3 ans, Marie est présentée au temple de Jérusalem.

Eglise Notre-Dame-de-Pitié  Le Croisic (Loire Atlantique)

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            Les trois fêtes de la nativité de la Sainte vierge, du saint nom de Marie et de sa présentation sont l'écho, dans le cycle Marial, du cycle du Christ : Noël, le Saint nom de Jésus, la présentation de Jésus au temple. L'offrande de la Sainte vierge au temple ne fait qu'un avec celle de Jésus ; que la nôtre aussi se joigne à la leur. (Texte de présentation de cette fête dans le missel vespéral romain quotidien de Dom Gaspar Lefebvre et le chanoine Emile Osty)

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            Voici un extrait de ce qu'en dit Dom Guéranger dans ‘'l'Année liturgique''  (1300 mots)

            Inférieure en solennité aux autres fêtes de Notre-Dame, tardivement inscrite au Cycle sacré, la Présentation semble de préférence réserver chez nous le culte de ses mystères à la contemplation silencieuse. Dans le silence de leur prière ignorée, les justes gouvernent la terre ; la Reine des saints, la première, fit plus par ses mystères cachés que tous les faux grands hommes dont les gestes bruyants prétendent constituer la trame des annales du monde.

            L'Orient chantait depuis sept siècles au moins l'entrée de la Mère de Dieu dans le temple de Jérusalem, quand pour la première fois, en 1372, Grégoire XI permit qu'elle fût célébrée à la cour romaine d'Avignon. Or en réponse, Marie brisait les chaînes qui depuis soixante-dix ans retenaient la Papauté captive, et bientôt Grégoire XI rendait à Rome le successeur de Pierre.

            Ainsi déjà, au Cycle d'Occident, la Visitation nous était apparue comme le monument de l'unité reconquise sur le schisme qui suivit l'exil.

            Dès l'année 1373, à l'imitation du Pontife suprême, Charles V de France introduisait la fête de la Présentation dans sa chapelle du palais. Par lettres en date du 10 novembre 1374, aux maîtres et écoliers du collège de Navarre, il exprimait le désir qu'elle fût célébrée dans le royaume entier :

            « Charles, par la grâce de Dieu roi des Francs, à nos bien-aimés : Salut en Celui qui ne cesse point d'honorer sa Mère sur la terre. Entre les autres objets de notre sollicitude, souci journalier et diligente méditation, le premier qui occupe à bon droit nos pensées est que la bienheureuse Vierge et très sainte Impératrice soit honorée par nous d'un très grand amour et louée comme il convient à la vénération qui lui est due. Car c'est un devoir pour nous de lui rendre gloire ; et nous qui élevons vers elle en haut les vœux de notre âme, nous savons quelle protectrice incomparable elle est pour tous, quelle puissante médiatrice auprès de son béni Fils pour ceux qui l'honorent avec un cœur pur... Et c'est pourquoi, voulant exciter notre fidèle peuple à solenniser ladite fête comme Nous-même nous proposons de le faire, Dieu aidant, chacune des années de notre vie, nous en adressons l'Office à votre dévotion à cette fin d'augmenter vos joies. »

            Ainsi parlaient les princes dans ces temps. Or on sait comment dans ces mêmes années le sage et pieux roi, poursuivant l'œuvre inaugurée à Brétigny par la Vierge de Chartres, sauvait une première fois de l'Anglais la France vaincue et démembrée. Dans l'État donc comme dans l'Église, à cette heure si critique pour les deux, Notre-Dame en sa Présentation commandait à l'orage, et le sourire de Marie enfant dissipait la nue.

            La nouvelle fête, enrichie d'indulgences par Paul II, s'était peu à peu généralisée, quand saint Pie V, voulant alléger d'un certain nombre d'Offices le calendrier universel, crut devoir la comprendre en ses suppressions. Mais Sixte-Quint la rétablissait au Bréviaire romain dès l'année 1585, et peu après, Clément VIII l'élevait au rang des Doubles-majeurs. Bientôt clercs et réguliers prenaient pour coutume de renouveler leurs engagements sacrés en ce jour où leur commune Reine ouvrit devant eux la voie qui conduit par le sacrifice aux prédilections du Seigneur.

            ........Mais la Présentation de Notre-Dame ouvre encore à l'Église d'autres horizons. Au Cycle des Saints, dépourvu des frontières précises qui délimitent celui du Temps, le mystère du séjour de Marie dans le sanctuaire de l'ancienne alliance prélude, mieux que n'aurait pu faire aucun autre, à la saison si prochaine de l'Avent liturgique. Marie, conduite au temple pour s'y préparer dans la retraite, l'humilité, l'amour, à ses incomparables destinées, eut aussi pour mission d'y parfaire, au pied des autels figuratifs, la prière de l'humanité trop impuissante à faire pleuvoir des cieux le Sauveur. Elle fut, dit saint Bernardin de Sienne, le bienheureux couronnement de toute attente et demande de l'avènement du Fils de Dieu ; en elle, comme en un sommet, tous les désirs des saints qui l'avaient précédée eurent leur consommation et leur terme.

            ……….Par son admirable intelligence des Écritures, par sa conformité de chaque jour, de toute heure, aux moindres enseignements et prescriptions du rituel mosaïque, Marie découvrait, adorait partout le Messie sous la lettre ; elle s'unissait à lui, s'immolait avec lui dans chacune des victimes immolées sous ses yeux ; et ainsi rendait-elle au Dieu du Sinaï l'hommage, vainement attendu jusque-là, de la Loi comprise, pratiquée, fécondée selon la plénitude qu'elle comportait pour le Législateur. …….

            Supplément béni de la gentilité non moins que de la synagogue, Marie dès lors vit dans l'Épouse du Cantique sacré l'Église à venir. En notre nom à tous elle adressait à Celui qu'elle savait devoir être l'Époux, sans connaître encore qu'elle l'aurait pour fils, les appels d'un amour qui, sur ses lèvres, était bien fait pour obtenir du Verbe divin l'oubli des infidélités passées, des dérèglements où le monde dévoyé s'abîmait toujours plus. Arche de l'alliance universelle, combien avantageusement ne remplaçait-elle pas celle des Juifs, disparue avec le premier temple (dit de Salomon , détruit en - 586 )! C'était pour elle sans le savoir qu'Hérode, le Gentil, avait repris la construction du second, demeuré comme désert et comme vide depuis Zorobabel ; car le temple, aussi bien que le tabernacle qu'il remplaçait, n'était que l'asile de l'arche destinée à porter Dieu lui-même : mais garder la réalité fut pour le second temple une gloire plus grande que d'abriter comme le premier la figure……

            Au XVe siècle et au XVIe, on chantait en ce jour dans un grand nombre d'églises la Prose suivante, composée sur l'acrostiche (un poème, une strophe ou une série de strophes fondés sur une forme poétique): AVE MARIA, BENEDICO TE, AMEN. Je vous salue Marie et vous bénis. Amen.

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SEQUENCE.

            Dans sa profonde providence, la Sagesse divine ordonne toutes choses comme il convient. Joachim et Anne sont unis par le lien conjugal ; mais leur union demeure stérile.

            Dans toute l'ardeur de leur amour, par vœu sincère ensemble ils s'engagent au Seigneur : sans tarder, s'il daigne leur donner un enfant, ils le consacreront pour toujours en son temple.

            Un Ange apparaît, éclatant de lumière, qui leur apprend que leurs désirs sont exaucés : que par la grâce du Roi suprême, une fille leur sera donnée, toute bénie.

            Sainte dès le sein maternel, admirable sera sa naissance, plus admirable l'enfantement par lequel, en demeurant vierge, elle sera mère de Celui dont le Très-Haut est Père, dont la grâce débordante ôtera le péché du monde.

            Elle est née la vierge bénie ; âgée de trois ans on la présente au temple, elle en franchit les quinze degrés, toute parée, d'un pas ferme et rapide, sous les yeux de son père et de sa mère.

            Le temple resplendit d'une nouvelle gloire à la présentation de l'auguste vierge : instruite divinement et visitée des cieux, elle se réjouit avec les Anges.

            A l'âge adulte où ses compagnes sont appelées par ordre du prince des prêtres à contracter mariage, la vierge s'y refuse d'abord ; car ses parents l'ont vouée au Seigneur, et elle-même a résolu par vœu de garder sa virginité.

            Dieu consulté répond que la vierge doit prendre pour époux celui qu'une fleur miraculeusement éclose aura désigné ; Joseph, ainsi élu, l'épouse et la conduit en sa maison.

            Gabriel est alors député vers la vierge, lui annonçant comment elle doit concevoir ; elle prudente, écoute silencieuse, et considère ce que pareil message a d'insolite.

            Lui cependant explique la manière dont toutes choses s'accompliront ; la vierge croit, et aussitôt dans l'Esprit-Saint le Verbe est conçu ; Celui que rien ne peut contenir s'enferme en une vierge.

            O vierge sans pareille, quelle louange égalera maintenant vos mérites ! quel n'est pas l'éclat de votre gloire ! Maintenant donc protégez-nous pour que dans la patrie nous jouissions du fruit qui fait votre honneur.

Amen.

 

            Terminons par deux prières liées à cette fête de Notre Dame : (450 mots)

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            I    Collecte du jour (dans la forme extraordinaire du rite romain)

            Puissions-nous, par votre intercession, vous suivre d'assez près dans votre Présentation bienheureuse au pays des ombres et des frimas, pour mériter d'être de même présentés à votre suite au Très-Haut dans le temple de sa gloire.

            II    La Prière pour la Présentation de la Très Sainte Vierge Marie au Temple de Jérusalem « Ô Marie qui Vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple » de Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), Prêtre, Prédicateur infatigable, Confesseur plein de bonté, Évêque, Docteur de l'Eglise Catholique, grand Théologien moraliste du XVIIIe siècle et fondateur de la Congrégation des Rédemptoristes en vue d'évangéliser les campagnes napolitaines. Le pape Benoît XVI a dit de lui, lors de l'audience générale tenue le mercredi 30 mars 2011 place St Pierre : ‘'Saint Alphonse de Liguori est un exemple de pasteur zélé, qui a conquis les âmes en prêchant l'Evangile et en administrant les sacrements, s'unissant à une façon d'agir marquée par une bonté sereine et douce, qui naissait de l'intense rapport avec Dieu, qui est la Bonté infinie. Il a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu'à ceux de l'esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.''

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Prière de Saint Alphonse-Marie de Liguori à Notre Dame

            O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! Mais, hélas ! Ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J'ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd'hui m'offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu'il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu'il s'occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l'offrande d'un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle, ainsi qu'à vous, jusqu'à la mort, afin qu'après vous avoir servi de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus.   Amen.

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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