La sainte Vierge devient donc notre mère pour l'Eucharistie

La sainte Vierge devient donc notre mère pour l'Eucharistie

La sainte Vierge devient notre mère pour l'Eucharistie 

D'autres sont attirés vers Dieu, à tel point que saint Paul disait : Vivez donc dans le ciel, que votre conversation soit dans le ciel [cf. Ph 3,20]. Notre Seigneur est monté au ciel le jour de l'Ascension, il y est visiblement monté, c'est admirable, afin d'aller au ciel nous tracer le chemin, afin que notre esprit l'accompagne. Il est bien évident que la très sainte Vierge sur la montagne des Oliviers fut emportée par l'attraction de son divin fils, car la pensée suit l'amour du cœur. Quand il est pur, la contemplation est facile, il est léger, il n'est pas retenu par une chaîne impure, le cœur suit l'attrait, il va voir l'Orphée qui le charme.

Vous savez que dans les catacombes de Sainte-Priscille il y a des tombeaux des martyrs, puis des fresques magnifiques des histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament. Souvent on y représente un verre à moitié rempli de vin, et sur ce verre un poisson. En courbant une lettre on a le nom de Jésus, ichthus en grec veut dire poisson. On voit ce poisson, puis du vin rouge. Puis d'autres fois je vois là un dieu mythologique, Orphée, qui chantait si bien avec sa lyre que toutes les populations le suivaient. Orphée représentait Notre Seigneur attirant à lui, non pas avec sa lyre, mais avec son cœur et son amour, toutes les populations.

Voilà donc l'attraction, le divin Orphée nous attire, mais il dit : Mes enfants sont encore si grossiers, si humains qu'il faut que je reste encore parmi eux, car notre âme va au ciel, mais notre corps a besoin de quelque chose de sensible. Notre Seigneur s'est fait sensible, pour nous apprendre que c'est une attraction divine. La sainte Eucharistie s'appelle la fête du corps du Seigneur, on devrait dire la fête de Jésus ressuscité, de son âme, de son esprit, pas du tout ; le corps attire l'âme, l'esprit, le reste, tout suivra bien. La très sainte Vierge y avait tant d'attrait qu'elle ne pouvait pas s'en séparer, elle vivait dans la sainte Eucharistie, elle ne pouvait pas s'en séparer, elle vivait de l'Eucharistie, comme beaucoup de saintes, faites donc comme votre mère. Elle passait les jours et les nuits au pied du tabernacle, sans doute, elle n'y était pas toujours, les apôtres voulaient la voir, les saintes femmes voulaient la voir, mais elle était rouge d'amour, le feu qui embrasait son cœur se communiquait à tous les autres.

Laissez-moi vous dire une pensée, pas en rigueur, mais dans ses conséquences. Savez-vous bien que Notre Seigneur se défiait de nous en instituant l'Eucharistie, il nous laissait sa croix, son amour, il sait bien que les absents sont oubliés. Dans un demi-quart de siècle est-ce que l'oubli du cœur n'arrive pas comme le changement de temps ? Parfaitement, Notre Seigneur a voulu garder les âmes, il disait : Si je ne leur donne pas ma mère, ils seront trop enfants, ils ne sauront pas me trouver ; l'enfant ne cherche pas, s'il ne trouve pas il laisse, n'est-ce pas ce qu'il voyait ? Alors il a laissé la sainte Vierge, pour nous prendre par la main, pour nous conduire comme une mère, c'est son grand testament. Il faut une mère pour donner à l'enfant sa nourriture quand il veut manger, autrement il ne comprendrait pas, il serait trop enfant.

La sainte Vierge devient donc notre mère pour l'Eucharistie, elle a eu mission de nous former à l'adoration, elle n'en a pas eu d'autre. Elle a formé le premier couvent de saintes femmes à Jérusalem, elle était là comme une mère vigilante, distribuant à chacun son petit trésor et sa grâce d'amour. Elle faisait ce que fait une mère pour élever son enfant, le former à la vertu, à ses devoirs d'état. Quoi encore ? Le nourrir. Quoi encore ? Le diriger jusqu'à la fin, une mère est toujours directrice.
Vous comprenez que le Sauveur n'a pas voulu nous la donner pendant sa vie mortelle, que nous aurait-elle montré ? Bethléem et Nazareth, Notre Seigneur n'était pas là. Il nous l'a donnée quand il a donné un Cénacle, voici donc qu'elle nous instruira, nous montrant Notre Seigneur, nous faisant part de sa piété, de son dévouement. Car après tout, une mère donne ce qu'elle a, elle est mère, elle a donc la puissance de l'éducation. Elle nous a nourris de quoi ? Des conseils et des commandements de son amour pour que nous l'aimions, puis elle a donné cet amour à Notre Seigneur. Si un enfant travaille, s'il se dérange, la mère est là, s'il est malade, elle le soigne, elle ne quitte pas son enfant ; s'il s'écarte, elle le rappelle, elle le ramène, il faut nécessairement qu'elle remplisse sa mission.

Qui vous formera ? C'est Marie. Nous, nous ne le pouvons pas, mais elle vous le dira, elle peut vous inspirer cette adoration, il n'y a qu'un cœur de mère qui puisse le dire à un enfant. Il faut que la sainte Vierge vous dise : Venez avec moi. C'est comme une atmosphère que Notre Seigneur a mise sur notre chemin. Je n'osais pas vous dire ma pensée tout à l'heure, je vais vous la dire. La sainte Vierge est la première attraction que Dieu a mise sur votre chemin, il est si grand, si puissant, qu'il effraierait notre faiblesse. L'enfant ne court pas vers son père, il suit d'abord sa mère, alors la mère donne l'enfant au père. Notre Seigneur nous a donné Marie pour mère afin qu'elle soit une attraction sensible, nous connaissons déjà son nom de mère.

Saint Pierre-Julien Eymard (PS 531,3)

"Guardava todas essas coisas no seu coração e pensava muito nelas". Lucas 2:19

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"Que as suas conversas sejam sempre agradáveis e de bom gosto, e que vocês saibam também como responder a cada pessoa". Colossenses 4:6

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Saint Pierre-Julien Eymard – Prophète de l'Eucharistie