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Juifs et Chrétiens uns dans le Christ

Menahem

Juifs et Chrétiens uns dans le Christ

Méditer et contribuer à faire connaître aux fidèles chrétiens le mystère de l’unité entre les deux familles de « l’Israël de Dieu - les Juifs et les Chrétiens et Son dessein sur elles.

De temps en temps
De temps en temps

Méditer et contribuer à faire connaître aux fidèles chrétiens le mystère de l’unité entre les deux familles de « l’Israël de Dieu - les Juifs et les Chrétiens et Son dessein sur elles.

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Initiative "En un seul esprit". Voir le Blog enunseulesprit.org

Ce que se propose l'initiative

Elle a pour but de susciter chez les chrétiens – par la prière, la méditation des Saintes Ecritures, l’étude et le témoignage – la purification du regard qu’ils portent sur les juifs, et la prise de conscience de l’unité déjà réalisée par le Christ entre eux (cf. Éphésiens 2, 14 et ss.), et de la présence des signes avant-coureurs de “la remise en vigueur de tout ce que Dieu  a dit par la bouche de ses saints prophètes de jadis” (cf. Actes 3, 21). (1).

Esprit du projet

Réunis en Concile à Rome, de 1962 à 1965, les évêques catholiques du monde entier ont promulgué, en 1965, une Déclaration intitulée Nostra Aetate, consacrée aux rapports de l’Église avec les religions non chrétiennes. Dans le chapitre 4 de ce texte, elle se penchait sur le mystère de sa relation avec le peuple juif. Cette partie de la Déclaration a fait l’objet d’intenses controverses entre les Pères conciliaires ; en témoignent les nombreux amendements apportés à la rédaction primitive (voir Synopse des versions successives avant l’adoption du texte définitif. Ces difficultés étaient la conséquence de l’aliénation mutuelle des deux communautés de foi, laquelle s’était traduite, au fil des siècles, par une ignorance et une hostilité réciproques débouchant sur une absence quasi totale de dialogue et d’empathie.

Nostra Aetate, § 4 a constitué une rupture radicale par rapport à la situation antérieure (voir Relations entre judaïsme et christianisme). Les Commentateurs ont défini l’attitude qui s’y exprimait comme un « Autre regard », puisque, en effet, il tranchait radicalement avec tout ce qu’avaient dit, écrit et fait les Pères de l’Église et les responsables religieux chrétiens, au fil des siècles, concernant les juifs. La relation entre les deux communautés de foi y était même décrite comme intrinsèque à l’Église (2).

Dans les décennies suivantes, divers documents élaborés par des commissions vaticanes et épiscopales, ainsi que par des déclarations papales (particulièrement celles de Jean-Paul II), ont développé et précisé la pensée de l’Église sur cette nouvelle relation, censée exclure toute conflictualité.

Toutefois, l’ampleur et la complexité du travail de reconnaissance mutuelle apparurent bientôt. Il s’avéra que la bonne volonté ne suffisait pas à compenser des siècles d’ignorance et de méfiance réciproques. De plus, à mesure que se multipliaient les travaux des commissions spécialisées et des théologiens, apparaissaient les difficultés concrètes et les malentendus. Comme c’est le cas dans les familles éclatées, il est souvent douloureux de renouer les fils d’une relation dévastée, et les frustrations et les griefs longtemps enfouis surgissent souvent et ravivent les conflits entre les partenaires du dialogue.

Quarante-sept années après Nostra Aetate, § 4, le grain de sénevé de cette Déclaration est devenu un arbre touffu, voire une forêt dans laquelle le fidèle a souvent du mal à se repérer. C’est que le contentieux entre chrétiens et juifs était lourd et complexe. A force de vivre chacune de leur côté, les deux communautés de foi ne se comprenaient plus. Même leur source commune – l’Écriture – n’était pas d’un grand secours, juifs et chrétiens ayant développé, au fil du temps, tout un corpus de traditions et d’interprétations, parfois gauchies par une apologétique sous-jacente, plus ou moins consciente.

En outre, pour des chrétiens, même pieux et animés des meilleures intentions à l’égard du peuple juif, la non-reconnaissance de la messianité et de la divinité de Jésus était, et reste encore pour beaucoup, une pierre d’achoppement insurmontable. Et c’est peu dire que, sauf exceptions, les fidèles, leur clergé, voire certains membres de la haute hiérarchie ecclésiastique, n’ont pas pris l’exacte mesure des implications théologiques profondes, voire révolutionnaires du chapitre 4 de la Déclaration Nostra Aetate.

Beaucoup d’entre eux la perçoivent uniquement comme un nouveau chapitre de la relation entre chrétiens et juifs, dont on renouerait le fil, après un long sommeil, et il va de soi que c’est là un aspect important. Mais ce renouveau relationnel ne sera ni possible ni fécond, s’il n’émane pas d’une conviction profonde découlant de la foi de l’autre et de la spécificité et de la complémentarité de l’appel de Dieu sur lui. Ce qui implique une approche théologique exigeante. C’est ce qu’exprimait, il y a trois décennies, le cardinal Etchégaray, en ces termes :

« Tant que la théologie n’aura pas répondu, d’une manière claire et ferme, au problème de la reconnaissance par l’Église, de la vocation permanente du peuple juif, le dialogue judéo-chrétien demeurera superficiel et court, plein de restrictions mentales » (3).

Depuis ces propos, la recherche chrétienne concernant le judaïsme s’est développée de manière considérable ; des lieux d’étude, de formation et d’enseignement ont surgi en nombre ; quantité d’ouvrages et d’articles ont paru, et il faut s’en réjouir. Toutefois, le risque, ici comme ailleurs, est l’hypertrophie d’une approche intellectuelle, systématique, et, pour tout dire, plus spéculative et abstraite que vivante et relationnelle. C’est de ce constat qu’est née la présente initiative qui, tout en tirant le bénéfice de la recherche évoquée, insiste davantage sur une méditation plus spirituelle, voire plus contemplative de ce que l’apôtre Paul a appelé un “mystère” (cf. Rm 11, 25) – et propose d’« aller plus loin » (4). Ses membres ont pris conscience de ce que c’est le cœur même de leur foi qu’il leur faut scruter pour approfondir des paroles scripturaires telles que « le Juif d’abord, puis le Grec » (Rm 1, 16 ; 2, 10) ; ou « Lui qui, des deux, a fait un » (Ép 2, 14) ; et encore, « ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte » (Rm 11, 18) ; etc.

Grandes lignes de l’initiative

Il doit être clair pour quiconque s’interroge sur notre initiative qu’elle n’a pas la prétention de se substituer à celles qui existent déjà. Au contraire, elle entend apporter sa modeste contribution aux activités des entités qui ont fait leurs preuves en ce domaine, tout en marquant sa spécificité par rapport à elles.

Et tout d’abord, il importe d’être attentif à la terminologie à laquelle nous recourons. En effet, notre action ne s’insère pas, à proprement parler, dans le cadre de ce qu’on a coutume d’appeler les « relations entre chrétiens et juifs », même si, bien entendu, nous les considérons comme utiles et hautement souhaitables. Pour ce qui nous concerne, nous privilégions la méditation et l’approfondissement de la connaissance de l’unité mystérieuse des deux communautés de foi, voulue de toute éternité par le Père et réalisée dans l’histoire humaine par l’Incarnation, la Passion et la résurrection du Seigneur Jésus, qui « des deux a fait un […] en un seul Esprit », par la greffe des « branches » chrétiennes, sur la « racine » juive qui les « porte ».

C’est pourquoi, plus qu’à l’étude, nous recourons à la Lectio divina du dessein divin sur les deux parties de « l’Israël de Dieu » (Ga 6, 16). Nous entendons par là une lecture fervente et contemplative des Écritures, par laquelle nous entrons en communion avec Dieu qui s’y exprime, et méditons son dessein universel de salut et d’unité, afin d’y participer, autant qu’il nous est possible, et de le communiquer aux fidèles qui sont attentifs à la volonté divine. En outre, nous pratiquons et recommandons la lecture des écrits des anciens Pères et des auteurs spirituels, juifs et chrétiens.

Ce qui précède est le cœur de notre projet, mais il va de soi que, comme toute entreprise humaine, nous devons nous situer et agir dans la communauté plus large, que le Nouveau Testament et la Tradition chrétienne appellent « l’Église », au sens de communauté des croyants dans le Christ, répandue à travers le monde et dont l’infinie diversité des membres est maintenue dans l’unité par l’Esprit Saint. C’est dans cette « société », spirituelle mais bien réelle, – qui constitue la part pérégrinante, sur la terre, de la « Communion des Saints » –, que s’élabore, se développe et s’exprime la perception du « mystère de la foi » (1 Tm 3, 9), en général, et de celui de l’unité des deux parties de « l’Israël de Dieu » (Ga 6, 16), en particulier.

C’est à cet aspect précis du mystère que nous consacrons l’essentiel de notre méditation, de notre prière et de notre action. C’est pourquoi nous devons bien connaître ce qu’ont fait, dit et écrit les « ouvriers » que le Maître a envoyés, et envoie encore, de nos jours, dans cette partie de son champ ; assimiler comme il convient cette semence et œuvrer à son développement qui est loin d’avoir porté tous ses fruits.

Toutefois, comme nous l’a enseigné le Seigneur dans le Nouveau Testament, par la parabole du bon grain et de l’ivraie (Mt 13, 24-30), nous devons nous attendre à ce que l’Ennemi suscite (comme il le fait déjà) de faux apôtres qui sèmeront la zizanie et enseigneront des doctrines qui ne viennent pas de Dieu. Pour contrecarrer leurs manœuvres, il sera nécessaire de recourir aux « armes de l’Esprit », ce qui suppose la connaissance des Écritures et de la Tradition des Anciens, mais aussi, en ce domaine particulier, une bonne maîtrise des textes fondateurs du « nouveau regard » chrétien sur le peuple juif, ainsi que de ceux qu’ont élaborés les commissions spécialisées et les théologiens versés dans l’étude de la pensée de l’Eglise sur ce point.

A ce propos, il sera bon de garder en mémoire les deux aphorismes suivants, l’un, juif, et l’autre, chrétien :

« Il ne t’incombe pas d’achever la tâche, mais tu n’es pas libre de t’y dérober » (Mishnah Avot, II, 16).

« La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux, priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » (Mt 9, 37-38).

Caractéristiques particulières de ce projet

Souci de mieux connaître la foi et les croyances juives

Étant donné la place centrale qu’occupe, dans notre initiative, l’héritage spirituel, historique, théologique et culturel des juifs et des chrétiens, il va de soi que rien de ce qui contribue à sa connaissance ne doit nous être étranger. Aussi nous efforçons-nous, de diverses manières, de mieux le connaître et le faire connaître. C’est peu dire que l’ignorance mutuelle en ce domaine est grande : elle est souvent abyssale. Pour y remédier autant qu’il est possible à mesure humaine, nous ne nous érigerons pas en pôle d’étude et de connaissance, non par mépris pour le savoir organisé, mais par souci de cohérence avec notre démarche humaine et spirituelle.

Laissant aux institutions existantes – qui dispensent, avec les dons et les compétences qui leur sont propres, un enseignement plus ou moins systématique, voire académique -, le soin de former les esprits désireux de combler leurs lacunes en la matière, voire d’entreprendre des études spécialisées en vue de la recherche et de l’enseignement, nous nous en tenons, pour notre part, à l’approfondissement spirituel, par la fréquentation assidue des textes scripturaires et traditionnels des confessions de foi juive et chrétienne, la méditation et la prière.

La préséance est donnée à l’étude et à la méditation des Écritures (Ancien et Nouveau Testament), lues de manière simple et traditionnelle avec l’éclairage des commentateurs anciens les plus réputés.

Plusieurs passages bibliques sont à la base de l’esprit de notre initiative, dont, entre autres:

Is 66, 5 : Écoutez la parole de L’Éternel, vous qui tremblez à sa parole. Ils ont dit, vos frères qui vous haïssent et vous rejettent à cause de mon nom: « Que L’Éternel manifeste sa gloire, et que nous soyons témoins de votre joie », mais c’est eux qui seront confondus !
Jr 33, 24 : N’as-tu pas remarqué ce que disent ces gens: « Les deux familles qu’a élues L’Éternel, il les a rejetées! » Et ils nient avec mépris que mon peuple soit encore une nation face à eux.
Ez 37, 16-28 : Et toi, fils d’homme, prends un morceau de bois et écris dessus: « Juda et les Israélites qui sont avec lui ». Prends un morceau de bois et écris dessus: « Joseph, bois d’Éphraïm, et toute la maison d’Israël qui est avec lui ». Rapproche-les l’un de l’autre pour faire un seul morceau de bois; qu’ils ne fassent qu’un dans ta main. Et lorsque les fils de ton peuple te diront: « Ne nous expliqueras-tu pas ce que tu veux dire? » Dis-leur: Ainsi parle L’Éternel: Voici que je vais prendre le bois de Joseph, qui est dans la main d’Éphraïm, et les tribus d’Israël qui sont avec lui, je vais les mettre contre le bois de Juda, j’en ferai un seul morceau de bois et ils ne seront qu’un dans ma main. Quand les morceaux de bois sur lesquels tu auras écrit seront dans ta main, à leurs yeux, dis-leur: Ainsi parle le Seigneur L’Éternel. Voici que je vais prendre les Israélites parmi les nations où ils sont allés. Je vais les rassembler de tous côtés et les ramener sur leur sol. J’en ferai une seule nation dans le pays, dans les montagnes d’Israël, et un seul roi sera leur roi à eux tous; ils ne formeront plus deux nations, ils ne seront plus divisés en deux royaumes. Ils ne se souilleront plus avec leurs ordures, leurs horreurs et tous leurs crimes. Je les sauverai des infidélités qu’ils ont commises et je les purifierai, ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. Mon serviteur David régnera sur eux; il n’y aura qu’un seul pasteur pour eux tous; ils obéiront à mes coutumes, ils observeront mes lois et les mettront en pratique. Ils habiteront le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob, celui qu’ont habité vos pères. Ils l’habiteront, eux, leurs enfants et les enfants de leurs enfants, à jamais. David mon serviteur sera leur prince à jamais.  Je conclurai avec eux une alliance de paix, ce sera avec eux une alliance éternelle. Je les établirai, je les multiplierai et j’établirai mon sanctuaire au milieu d’eux à jamais. Je ferai ma demeure au-dessus d’eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Et les nations sauront que je suis L’Éternel qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux à jamais.
Ép 2, 14-18: Car c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux a fait un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix: en sa personne il a tué la Haine. […] par lui nous avons, en effet, tous deux en un seul Esprit, libre accès auprès du Père.

Attention portée aux signes et aux réalités de notre temps

C’est l’aspect le plus délicat de notre entreprise. En effet, les initiateurs du projet ont estimé que si spirituel qu’il soit, il ne peut, sous prétexte de non-implication politique, ou de souci de ne pas donner prise à l’accusation de parti-pris pro-israélien, passer sous silence les difficultés dans lesquelles se débat l’État d’Israël, c’est-à-dire le peuple des juifs qui ont choisi cette terre comme patrie.

Celui qui est à l’origine de la présente initiative ici exposée et à laquelle se sont ralliés celles et ceux qui en partagent l’idéal, estime que les conflits incessants que les nations, en général, et la quasi-totalité des États arabes, en particulier, imposent à Israël, ainsi que les procès et reproches continuels qu’ils lui font, se dévoilent de plus en plus clairement pour ce qu’ils sont réellement, à savoir: un déni de l’existence indépendante du peuple juif dans cette infime portion du globe, qui fut pourtant sa patrie durant des millénaires.

Notre conviction est que, sous l’apparence d’un conflit géopolitique, nous avons affaire à un refus mondial catégorique d’admettre que le processus qui a vu, en un peu plus d’un siècle, la reconstitution de la nation juive sur sa terre ancestrale, soit l’incarnation d’un dessein, prévu de toute éternité par Dieu (5). Nous pensons qu’approche le temps de la grande confrontation entre ceux et celles qui attendent l’avènement, sur la terre, du Royaume de Dieu, sous l’égide du Messie, et ceux et celles qui en contestent la possibilité même, et qu’il importe donc que les chrétiens se préparent à discerner le bon grain de l’ivraie.

Cet aspect de notre initiative nous a amenés à inclure dans ce blog des articles et analyses géopolitiques qui paraîtront sans doute incompatibles avec la visée spirituelle, voire mystique qui caractérise notre démarche. Nous assumons ce choix en vertu de la conviction qui est la nôtre, que l’accomplissement du dessein de Dieu n’a rien d’une geste désincarnée ou angélique, mais qu’il s’opère au travers de tous les conditionnements historiques et les événements qui façonnent l’humanité jusqu’à ce qu’elle parvienne, sous l’action de l’Esprit qui l’informe et la transforme, à la connaissance et à l’acceptation de la Royauté de Dieu, dont l’un des signes de la proximité de son avènement est la restitution aux juifs des promesses qui leur restent acquises en tant que frères aînés, et ont été étendues, par pure miséricorde divine, aux nations qui croient au Christ, comme le souligne l’apôtre Paul, à plusieurs reprises et entre autres :

« Le Juif d’abord, le Grec ensuite » (Rm 1, 16 ; 2, 9.10).
« …eux qui sont Israélites, [qui ont] l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair… » (Rm 9, 4-5).

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Notes

(1) Il s’agit de situations prophétisées par les Écritures, et de l’imminence du surgissement d’événements ayant déjà eu lieu dans le passé sans qu’en aient été épuisées toutes les potentialités prophétiques, lesquelles révéleront leur portée plénière à la fin des temps, à en croire Irénée de Lyon : « Car autant de jours a comporté la création du monde, autant de millénaires comprendra sa durée totale. C’est pourquoi le livre de la Genèse dit: “Ainsi furent achevés le ciel et la terre et toute leur parure. Dieu acheva le sixième jour toutes les œuvres qu’il avait faites” (Gn 2, 1-2). Ceci est à la fois un récit du passé, tel qu’il se déroula, et une prophétie de l’avenir : en effet, si “un jour du Seigneur est comme mille ans” [cf. Ps 90, 4 et 2 P 3, 8] et si la création a été achevée en six jours, il est clair que la consommation des choses aura lieu la six millième année… » (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 28, trad., Cerf, coll. “Sources chrétiennes”. Livre I : trad. Adelin Rousseau et Louis Doutreleau, 1979, 416 p. Livre II 1982, 376 p. Livre III : 1974, 448 p. Livre IV : 1965, 2 vol., 1008 p. Livre V : 1969, 480 pages, et en un volume (traduction française uniquement : Contre les hérésies. Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, trad. Adelin Rousseau, 3° éd. 1991, 752 pages.)

(2) ” «Nos frères aînés». Allocution du Pape Jean-Paul II à la Synagogue de Rome (13 avril 1986)“, le défunt pape y affirmait : « l’Église du Christ découvre son “lien” avec le judaïsme “en scrutant son propre mystère” (cf. Nostra Aetate, ibid.). La religion juive ne nous est pas “extrinsèque” mais, d’une certaine manière, elle est “intrinsèque” à notre religion. Nous avons donc envers elle des rapports que nous n’avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés et, d’une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés. »

(3) Extrait d’une conférence de Mgr R. Etchégaray, prononcée le 24 mai 1981, devant l’Amitié judéo-chrétienne de France, et parue dans le Supplément à L’Eglise aujourd’hui à Marseille, n° 23, du 28 juin 1981. Voir aussi : M. Macina, “La Question juive : la théologie doit répondre“.

(4) Menahem Macina, Chrétiens et Juifs : pour aller plus loin, in revue catholique internationale Théologiques 11/1-2 (2003), p. 285-320.

(5) Menahem Macina a exposé ses conceptions dans plusieurs ouvrages publiés, consultables en ligne et téléchargeables sous forme de livres électroniques.

Prière de la communauté

Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde.

Ô abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles! Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur? Qui en fut jamais le conseiller? Ou bien qui l'a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour? Car tout est de lui et par lui et pour lui. A lui soit la gloire éternellement! Amen. (Rm 11, 32-36)

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